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Se débarrasser de la culpabilité


La culpabilité que nous avons appelée morbide est dangereuse, puisqu’elle nous rend manipulables, et figure aussi vaine. Dans la plupart des cas, la faute est imaginaire et le sentiment de culpabilité prend racine dans notre enfance, alors même que nous ne devrions pas nous sentir responsable. Nous avons donc toutes les raisons de vouloir se débarrasser de la culpabilité. Cependant, il ne suffit pas de simplement le vouloir pour réussir à éliminer la culpabilité. Chacun l’a déjà constaté.

Se débarrasser de la culpabilité : introduction

Il n’est pas de culpabilité agréable à vivre. Tout au plus y a-t-il des sentiments de culpabilité utiles, dans le sens où ils sanctionnent une faute avérée.

Pour ces quelques sentiments de culpabilité justifiés, il en existe une multitude d’autres ; pour la grande majorité, parfaitement inutile. Ces derniers ne servent à rien puisqu’aucun dédommagement ne peut réparer un crime imaginaire. Les souffrances qu’ils infligent demeurent par conséquent purement gratuites. Non contents de gâcher les bons moments de la vie, ils constituent un véritable frein à l’épanouissement.

Cette culpabilité que nous avons appelée morbide, dangereuse, puisqu’elle nous rend manipulables, figure aussi vaine. Nous avons donc toutes les raisons de vouloir nous en débarrasser. Cependant, il ne suffit pas de simplement le vouloir pour réussir à éliminer la culpabilité. Chacun l’a déjà constaté.

L’affaire reste plus complexe, puisque le sentiment de culpabilité draine avec elle des sentiments de toute-puissance qui nous protègent contre l’angoisse. Pour nous débarrasser durablement de la culpabilité morbide, il est nécessaire d’apprendre à tolérer l’angoisse, à lâcher prise, et surtout accepter de nous déresponsabiliser (renoncer à la toute-puissance) et de responsabiliser les autres.

L’inflation des responsabilités

Au cœur de la culpabilité, il y a la toute-puissance. Toute-puissance qui nous conduit à nier le libre arbitre des autres, puis nier nos propres limites, ce qui nous conduit à devoir assumer d’immenses responsabilités. Ce sont ces responsabilités que nous portons qui se muent en culpabilité lorsque les choses tournent mal.

La négation des autres

La toute-puissance véhiculée par la culpabilité nous amène à nier le libre arbitre d’autrui. Dans ces conditions, nous décidons à leur place.

Se sentir coupable de voler du temps aux autres sans leur demander si c’est le cas : la personne décide à leur place que ces autres n’ont pas le temps
Se sentir coupable de mettre son enfant à la crèche, au lieu de vérifier si l’enfant s’y sent bien et le lui demander. La mère décide que son enfant n’y sera pas bien, car sans elle, il ne peut être heureux.
etc.

La négation de nos propres limites

Nous ne détenons pas le contrôle intégral de notre vie intérieure. Si nous ne le comprenons pas, nous nions le réel.

Exemple : un membre de la famille qui préfère un autre membre. C’est une situation typique où l’on ressent de la culpabilité, car l’on aimerait ressentir le même élan pour tous. Et pourtant :

personne ne commande ses attirances

On le vit, tout simplement. Nos proches, avant d’être des membres de notre famille, sont avant tout, des individus à part entière, avec une personnalité propre (et des attitudes) avec laquelle on adhérer ou non.

Nous pouvons, tout au plus, contrôler nos attitudes à leur égard et souhaiter davantage les comprendre et mieux les connaître.

Cet exemple-là est vécu par une grande majorité de personnes. Il suffirait de s’en ouvrir auprès d’amis, d’un psychologue, ou même sur Internet pour s’en rendre compte, ce qui mettrait immédiatement du baume sur notre culpabilité.

La négation des limites inhérentes à l’être humain peut prendre une tournure dramatique chez certains.

Exemple : le parent qui se sent coupable d’avoir mis au monde un enfant handicapé ou victime d’une maladie héréditaire. Dans la plupart des cas, la santé dont chacun hérite ne relève pas d’un choix délibéré des parents.

Autre Exemple : l’enfant qui en veut au parent de lui voir transmit telle ou telle caractéristique physique ou tel gène.

Chaque fois que nous n’acceptons pas nos limites et que nous visons la perfection, la culpabilité et la culpabilisation sont au rendez-vous.

Au même titre, nous ne sommes pas coupables

d’avoir été l’enfant préféré ou non préféré
d’avoir été négligé ou violenté
d’avoir du talent ou des dons que d’autres n’ont peut-être pas
de notre handicap de naissance
de notre capital santé à la naissance
de notre structure psychique de naissance
de nos problèmes psychologiques
du bonheur ou malheur de nos proches

À chacun ses responsabilités

Le déni de réalité se traduit aussi par un refus de laisser les autres assumer leurs choix, et par là même le refus d’accepter ses propres limites, ses imperfections.

Cette double négation mène à une inflation des responsabilités qui pèse sur nos épaules : nous pensons devoir assumer les responsabilités des autres qui, d’après nous, en restent incapables, ainsi que les siennes propres.

La solution passe donc par :

arrêter de nier le réel
accepter que les autres soient douées de liberté de choix
accepter nos limites
répartir les responsabilités.

Permettre à l’autre d’exister

Permette à l’autre d’exister, c’est voir en l’autre une personne en pleine possession de ses moyens et douée de libre arbitre.

Dans l’exemple précédemment cité (le vol de temps de l’autre), ce n’est donc pas l’un qui impose sa présence, c’est l’autre qui choisit de l’accepter ou non. Même si cet autre n’ose pas lui signifier son manque d’intérêt, c’est son choix.

Comprendre que chacun demeure libre revient à ne plus perdre d’énergie en réflexions stériles et inutiles : s’il dit oui, c’est oui, s’il dit non, c’est non. Dans les deux cas, chacun assume l’entière responsabilité de sa décision.

C’est le même raisonnement qui peut vous permettre de vous déculpabiliser par rapport à la solitude que certains subissent, mais qu’elles ont, pour une part, choisie. Certaines personnes se renferment de plus en plus sur elles-mêmes, compte sur vous et vous reprochent le fait de ne pas le prendre en compte dans votre vie.

ces personnes détenaient la liberté de s’ouvrir à de nouvelles ou plus anciennes connaissances
d’apprendre à aller vers les autres
d’apprendre à être moins sélectives
de réfléchir et de travailler sur leur timidité relationnelle

Ce sont bien elles qui ont décidé de ne pas le faire, c’est donc à elle d’en assumer les conséquences.

Ce qui n’exclut nullement aide et soutien de notre part. J’insiste là-dessus.

Je crois même que c’est un beau cadeau que de considérer autrui comme parfaitement responsable de ses choix, quand bien même nous préférerions une autre situation. Permettre à l’autre d’exister, c’est arrêter de nous comporter avec autrui en l’infantilisant.

Qui est responsable ?

La juste prise de responsabilités c’est nous opposer aux sentiments de culpabilité morbide. Ni trop ni trop peu ! Mais :

comment déterminer ce juste équilibre ?
Comment échapper aux conditionnements culpabilisants de l’éducation qui nous ont rendus responsables de bien des maux ?
Comment ne pas tomber dans les pièges tendus par les manipulateurs pour titiller notre culpabilité ?
Commençons par nous poser la question suivante : de quoi sommes-nous effectivement responsables ?

Le moindre geste peut avoir des conséquences que nous sommes tenus d’assumer. D’autre part, les paroles peuvent être considérées comme des actes verbaux. Nous sommes donc aussi totalement responsables des paroles que nous proférons. Dans la réalité, on constate que beaucoup les rejettent sur leur entourage.

Exemple : « C’est à cause de toi si je suis énervé. Si tu rangeais la maison, cela n’arriverait pas. » La personne essaie de lui faire porter la responsabilité de son propre énervement alors que c’est elle seule qui décide de s’énerver ou non. Quantité d’autres réactions demeureraient possibles.

Ou encore  : « Je me suis couchée tard à cause de ma série sur Netflix » (c’est mon cas parfois). La télévision ne m’a pas obligée avec un fouet à rester des heures devant Netflix alors que j’étais fatiguée et n’aspirait qu’à aller me coucher… J’aurais très bien pu éteindre la télévision. Aucune force extérieure ne m’a clouée sur le canapé.

Combien de « on doit », « il faut bien », « on n’a pas le choix » pour un « Je décide de.. . » ou « j’ai choisi de » ?

Si les émotions apparaissent spontanément, le type d’émotion que l’on vit (tristesse ou colère, par exemple) et le fait qu’elles se prolongent dépendent des interprétations que nous privilégions. Nous avons par conséquent le choix d’entretenir une émotion ou au contraire de la laisser disparaître.

Comme nous l’avons déjà vu, la cause des émotions est toujours à rechercher en nous-mêmes, sous forme d’un besoin plus ou moins insatisfait. Et de cela, nous sommes responsables.

Chacun de nous reste donc responsable à 100 % de ses actions, de ses pensées et de ses émotions. Ce qui implique qu’aucun d’entre nous ne peut être tenu pour responsable des actes, pensées et émotions d’autrui.

Exemple : le mari rentre à la maison en retard. Madame s’énerve et invective M.. Le mari peut-il être tenu pour responsable de la réaction de sa femme ? Il est sans (aucun) doute, responsable de son retard (selon les circonstances) et du fait qu’il y ait une réaction chez sa femme, mais en aucun cas de la réaction choisie par sa femme. Celle-ci aurait très bien pu réagir différemment.

Nous sommes responsables de nos émotions et non de celles des autres

Affirmer que nous ne sommes pas responsables des émotions d’autrui est difficile, car cela contredit nombre de messages que nous avons entendus notre vie durant :

« tu m’énerves »,
« tu vas me faire mourir de chagrin »
« tu m’obliges à être jaloux avec un tel comportement »
« Je suis en colère, car tu n’as vraiment aucun respect pour moi »
« maman est tellement heureuse, tu es si sage »

Petit rappel de ce que nous savons déjà : ce ne sont pas les situations, mais nos interprétations qui déterminent les émotions que nous vivons. Le même événement peut réjouir quelqu’un et en fâcher un autre.

Or, le sens que nous donnons aux événements appartient au domaine de la pensée, qui est sous le contrôle de la volonté. Nous sommes capables de décider de notre discours intérieur. Nous en sommes responsables et, par là même, nous devenons responsables de nos émotions.

Si nous-mêmes demeurons responsables de nos émotions, ceci est aussi valable pour quiconque. Nous ne pouvons, par conséquent, pas être tenus pour responsable des émotions d’autrui. Nous pouvons tout au plus être tenus pour responsables d’un acte qui a déclenché une réaction émotionnelle.

Pour appuyer cela, il suffit de se rappeler que la réponse émotionnelle n’est pas déterminée une fois pour toutes. Un même déclencheur peut mener à diverses émotions, de même que des déclencheurs différents peuvent aboutir à une émotion identique, puisque c’est l’interprétation qui détermine le type d’émotion.

L’émotion n’est pas déterminée par ses déclencheurs

On comprend également mieux pourquoi toutes les écoles de communication insistent sur l’utilisation des « messages-je », une façon d’énoncer à la première personne du singulier les ressentis (« je suis en colère, désappointé, déçu, ravi… »).

Nous ne sommes responsables que de notre propre bonheur

La seule personne qui peut nous rendre heureuse, c’est nous-même. En effet, notre bonheur dépend beaucoup plus de notre état d’esprit que des circonstances de la vie.

Celui qui estime pouvoir rendre les autres heureux se prépare de belles heures de culpabilité.

Il constate vite qu’il n’arrive pas à atteindre son objectif, ce qui le pousse à redoubler d’efforts et à se culpabiliser davantage. Ce phénomène se rencontre assez fréquemment dans les couples récemment formés, où chacun des partenaires s’assigne comme mission de « faire le bonheur » de l’autre.

Mais alors, si chacun n’est responsable que de son petit bonheur, ne va-t-on pas vers un monde d’individualistes ?

Assumer la responsabilité de son propre bien-être n’est pas équivalent à se désintéresser du bonheur d’autrui.

En réalité, nous pouvons contribuer au bonheur des autres. Mais cela ne signifie pas encore que nous en sommes responsables.

Il y a un autre type de responsabilité, relationnelle, cette fois-ci : la responsabilité quant à la qualité de la relation, qui touche toutes les personnes impliquées. Le mari et la femme sont par exemple conjointement responsables de la qualité de la relation qu’ils vivent ensemble. On parle alors de co-responsabilité. De cette façon, chaque protagoniste a le pouvoir de modifier partiellement le cours de la relation.

Lorsque chacun prend les responsabilités de ses actions, paroles, pensées et émotions, tout en assumant une partie de la responsabilité relationnelle, le monde ne peut qu’aller mieux. On évite ainsi d’accuser les autres et de leur reprocher que les choses tournent mal. On nourrit moins d’attentes à leur égard, puisqu’on ose prendre soin de soi-même. On accepte de prendre ses responsabilités pour modifier ce qui peut l’être. De plus, en laissant les autres assumer leurs responsabilités, on décide de leur faire confiance et de les considérer comme des êtres dignes et capables d’opérer des choix judicieux.

Ni victime ni coupable !

Lorsque nous prenons trop de responsabilités, c’est-à-dire lorsque nous assumons celles qui incombent normalement aux autres, nous préparons le terrain à la culpabilité morbide. Il est donc important de rendre aux autres la part qui leur revient.

Mais que se passe-t-il si nous franchissons le juste milieu et que nous n’assumons plus totalement nos propres responsabilités ?

Lorsque nous refusons d’assumer nos responsabilités, nous nous attendons à ce que les autres les endossent à notre place. Ce faisant, il se met à la merci de l’autre, qui peut en profiter pour jouer avec lui et attiser sa colère. Ainsi, nous confions une partie de notre pouvoir d’action à l’autre. C’est l’autre qui peut changer les choses, nous nous contentons de les subir et nous nous positionnons alors en victimes.

Le discours de la victime trahit une prise de responsabilité très diminuée. Si les choses tournent mal, c’est toujours de la faute des autres. Affirmer « c’est de la faute des autres » est par ailleurs une manière de les culpabiliser ! :

« Je n’y peux rien si je n’ai pas eu de promotion, mon chef ne m’aime pas ! »,
« Je suis obligée de m’énerver et de sévir ! Si vous voyiez le caractère de Julien ! »,
« Je n’ai pas eu la chance d’avoir des parents riches… »

Bien sûr, la position de victime comporte des bénéfices, notamment ceux d’attendrir les autres, de faire naître leur pitié ou de les culpabiliser, ce qui les amène à faire ce que nous souhaitons

Assumer trop de responsabilités pousse à la culpabilisation, mais ne pas assumer assez mène à la victimisation.

Afin d’éviter ces deux écueils, on visera le juste milieu. Ce qui se traduit par les phrases suivantes : je suis seul et seulement responsable de ce que je fais, dis, pense et ressens ; l’autre est seul et seulement responsable de ce qu’il fait, dit, pense et ressent ; nous sommes coresponsables de la relation que nous entretenons.

Processus pour se débarrasser de la culpabilité

Accueillir la culpabilité

« On ne peut vaincre son ennemi qu’en sa présence. » SIGMUND FREUD

Il n’est pas possible de soigner un mal dont nous n’avons pas conscience. C’est une évidence ! Ainsi donc, le point de départ du processus de guérison est la prise de conscience de la culpabilité. La plupart du temps, cette prise de conscience s’effectue automatiquement. Mais il existe des personnes, incapables d’identifier en elles ce sentiment. Elles n’en perçoivent que certaines manifestations physiques telles que migraine, maux de ventre, tensions chroniques, etc., mais ne font pas le lien avec la présence de l’émotion.

Une fois, la conscience de la culpabilité établie, la première phase du processus consiste à aller à la rencontre du sentiment et de ses manifestations ; dans un esprit de découverte et d’exploration plutôt que de conquête ou de domination.

Accepter, c’est regarder avec tendresse, c’est arrêter la lutte.

Cette première étape pour venir à bout de la culpabilité est paradoxalement d’accepter de l’accueillir en soi. Par définition, on ne peut nier que ce qui est d’abord affirmé.

Accueillir la culpabilité, c’est accepter de la vivre, en explorer toutes les facettes, aussi désagréables soient-elles. Plus nous serons familiers de notre culpabilité, ou plutôt des culpabilités qui nous habitent, plus la guérison sera facilitée.

Oser se dire : « oui, je me sens coupable ! »

La verbalisation de son sentiment de culpabilité permet parfois de s’en défaire. Elle est aidée par la prise de conscience de la manipulation tentée par autrui.

La culpabilité nous enferme dans la solitude et le silence. Les mots, au contraire, permettent de briser l’isolement et de placer les sentiments de culpabilité dans l’ordre du social. C’est pour cela qu’ils représentent un excellent antidote à la culpabilisation excessive, à condition de l’avoir au préalable accueillie en soi.

Accepter ses limites

Accueillir la culpabilité et la mettre en mots est certes nécessaire, mais pas encore suffisant. Le mieux-être ne sera habituellement que momentané. La raison à cela est à chercher du côté des bénéfices secondaires procurés par la culpabilité. Comme elle représente l’autre face de la toute-puissance, la culpabilité nous maintient dans l’illusion des :

« j’aurais dû »
« si seulement, j’avais ».

Elle nous fait croire qu’il aurait été possible de modifier le cours des choses avec une certitude absolue, que nous avions effectivement le pouvoir de le faire. C’est terrifiant de constater que malgré nos meilleures intentions, les choses peuvent mal tourner, car nous ne les contrôlons pas.

La deuxième étape du processus de guérison nous convie par conséquent à un salutaire lâcher-prise. L’acceptation de nos limites nous amène à nous considérer à notre juste place, avec certes un pouvoir d’action, mais modeste. Ce n’est pas, et de loin, un constat d’impuissance. Nous avons toujours le loisir de décider et de poser des actes, mais nous sommes conscients que le résultat ne nous appartient pas. C’est en ceci que le lâcher-prise se distingue de la résignation.

Le lâcher-prise se distingue de la résignation. Le premier est rempli d’espoir et invite à l’action alors que la seconde est teintée de désespoir et pousse à l’immobilisme.

Le lâcher-prise n’est pas forcément le résultat d’un mouvement volontaire, il peut aussi survenir de lui-même, lorsque nous sommes prêts à faire face à l’insécurité. Habituellement, cependant, le lâcher-prise est le résultat d’un travail intérieur conscient : nous pouvons décider de lâcher prise. Le lâcher-prise répond à une prise de conscience de ses propres limites. Il résulte d’un travail intérieur dont il n’est que la partie visible. C’est le fruit d’une longue maturation.

Un autre élément intéressant concerne le désir d’être parfait. Nous avons déjà constaté que la culpabilité est le calvaire des perfectionnistes, car ceux-ci ne s’estiment jamais assez parfaits. Le lâcher-prise par rapport à cette recherche irréaliste de perfection permet d’atténuer de nombreux sentiments de culpabilité. Il consiste à accepter notre finitude, notre imperfection intrinsèque, et le fait que nous ne pouvons pas tout contrôler en nous.

Prendre ses responsabilités et rejeter celles des autres

En renonçant à notre pouvoir sur les autres, nous pouvons maintenant les laisser exister comme des personnes douées de libre arbitre et capables d’assumer leurs propres responsabilités. C’est le but de la troisième étape.

accepter de ne pas correspondre au désir de ses parents ou d’autrui
ne pas incarner l’enfant parfait
choisir sa vie en fonction de soi-même.
ne pas prendre la responsabilité des réactions négatives d’autrui
laisser les autres assumer leurs opinions, en personnes libres, sans tenter de les persuader qu’ils ont tort.
Pas de responsabilités assumées pour les autres, pas de culpabilité !

Celui qui cesse de prendre des responsabilités à la place des autres arrête automatiquement de se culpabiliser. La raison en est évidente : par définition, culpabiliser signifie rendre responsable. Ainsi, en se culpabilisant, on se rend soi-même responsable des réactions d’autrui. Si, après avoir analysé une situation, on en arrive à la conclusion que notre responsabilité n’est pas engagée, on cesse donc de se rendre responsable, ce qui nous amène automatiquement à ne plus nous culpabiliser.

N’assumant plus de responsabilités par rapport au bien-être ou aux sentiments des autres, nous devenons nettement moins manipulables, car les tentatives de culpabilisation à notre encontre ont perdu leur efficacité.

Nos décisions sont prises en fonction de nos véritables besoins, et non plus pour faire plaisir aux autres ou nous attirer leurs bonnes grâces.

Il n’est évidemment pas toujours aisé de faire la distinction entre nos responsabilités et celles des autres. C’est pourtant la clé de voûte du processus de guérison de la culpabilité morbide.

À cette fin, la question essentielle à se poser est la suivante : ma culpabilité s’applique-t-elle à une situation où le libre choix d’une autre personne (ou d’autres personnes présentes) est impliqué ?

Si la réponse est négative, alors nous avons affaire à une véritable culpabilité, car la situation est sous notre entière responsabilité.

Si par contre la réponse à la question est affirmative, nous assumons des responsabilités qui ne nous reviennent pas. Dans ce cas, il convient de réévaluer la situation afin de dégager notre responsabilité.

Exemple : une mère s’en veut de ne pas avoir assez répété à son fils de bien faire attention à telle personne. Ce fils finit par être malheureux. On voit bien que le libre choix du fils est impliqué, et que son état émotionnel est la conséquence directe de son choix de la fréquenter. Il est totalement indépendant du nombre de fois où la mère l’a invité à la prudence. Il est illusoire de penser qu’il aurait suffi d’une répétition supplémentaire pour que l’état émotionnel du fils soit évité.

Réparer et tourner la page

En fait, que la faute soit réelle ou imaginaire ne change pas grand-chose à notre vécu subjectif. C’est donc un mauvais calcul que de s’attaquer à la culpabilité morbide en essayant de démontrer que la faute n’est pas réelle. Savoir que la culpabilité est justifiée ou non ne permet pas de s’en débarrasser plus facilement.

Par contre, amener une personne à réfléchir sur ses propres limites et sur son incapacité à tout contrôler y compris les réactions émotionnelles des autres semble plus porteur de changements.

Pour clore le processus, il reste encore à réparer le préjudice, si cela est possible, afin de pouvoir tourner la page. Mais si aucun tort n’a été fait ni aucune faute n’a été commise, la réparation est impossible.

Ce désir de réparation porte en soi le coup de grâce à la culpabilité morbide. En effet, pour réparer un tort que nous avons fait à autrui, il faut savoir comment dédommager la victime, et pour cela il faut communiquer avec elle.

La culpabilité, comme nous l’avons déjà mis en évidence, pousse à l’autopunition. Celle-ci prend fin lorsque nous estimons notre dette payée, ce qui survient plus rapidement suite à un acte de réparation.

Réparer, c’est offrir une contrepartie au préjudice subi, c’est proposer un dédommagement, même symbolique, aux personnes lésées. C’est ce qui clôt définitivement le processus et qui permet de tourner la page, de continuer à vivre avec la conscience plus légère.

Et quand il n’est pas possible de réparer la faute, il est encore envisageable de poser un acte de réparation symbolique.

Travailler sa confiance en soi

Cultiver la satisfaction de ses besoins

Lorsque nous sommes écrasés par le poids de la faute, démunis, il nous arrive souvent de désespérer. Plutôt que nous lamenter, prétendre ne pas pouvoir nous en sortir et ne jamais trouver de solution, regardons l’étendue de nos capacités. La nature nous a dotés d’une multitude d’aptitudes, profitons-en.

Pour réaliser notre potentiel, rappelons-nous que nous pouvons agir sur :

nos jugements, pensées, croyances, idées ;
nos besoins, nos désirs ;
nos actes, comportements, réactions ;
nos goûts, nos penchants, ce que nous aimons et n’aimons pas ;
notre parole, nos moyens d’expression.

Entraînons-nous à intervenir seulement sur ce dont nous sommes responsables et propriétaires. Le moindre acte, le moindre choix, même le plus douloureux. Rappelons-nous que nous sommes en partie responsables du passé et de la situation présente pour enfin reconnaître que nous avons les moyens d’agir sur le futur.

Un grand besoin de sécurité nous a peut-être conduits à accepter tacitement la manipulation  
Ou peut-être répétons-nous de façon inconsciente un schéma familial ?
L’objectif n’est nullement de nous accabler du passé ; là encore, au quotidien, il s’agit de reconnaître sa part de responsabilité en toutes choses.

Gagner en sécurité

Quatre pistes pour se fier à soi :

Suivre son intuition. Essayons, dès que nous le pouvons, d’être à l’écoute de notre petite voix intérieure. C’est elle qui nous invite à choisir un livre ou une sortie au hasard, par exemple, à dire oui quand tout nous porterait raisonnablement à dire non.

Développer son expression corporelle. Pour se fier à soi, il est important de faire confiance à son corps. L’objectif reste de le sentir vivre. Apprendre à mieux respirer, marcher, s’étirer le matin, se masser le soir… Se forcer aussi à ralentir. Ralentir aussi pour aiguiser notre sens de l’observation, sentir, toucher, voir, entendre autour de nous.

Se reconnaître. En tâchant toujours de valider ce que nous accomplissons sans nous juger. Expliquons-nous nos choix, développons notre sens de l’argumentation.

Accueillir et relativiser ses échecs. Si nous commettons une erreur, essayons de ne pas en faire un drame. Mieux vaut toujours dépassionner le débat. La perfection relève du domaine du fantasme, la fragilité de l’ordre de l’humain, ce que nous sommes. Et puis, n’apprenons-nous pas essentiellement de nos erreurs ?

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