La relation mère fille en astrologie : du bélier au gémeaux

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La relation mère fille : du bélier au gémeaux : la séparation

Un enfant n’est pas destiné à appartenir à sa mère. Il est destiné à construire son « moi » différencié de celle qui l’a mis au monde. Ce « moi » sera testé à l’étape de la balance, lieu de domiciliation de vénus et d’exaltation de saturne et consolidé en scorpion, maîtrisé par Mars et Pluton. Les 3 premiers signes du zodiaque entament le processus de la séparation avant de pouvoir voir germer le « moi ». Chaque signe peut être fixé. Entendez par là que l’étape a été mal acquise. Ainsi on parle de fixation au stade oral (étape Taureau. L’enfant, puis l’adulte restent coincés à cette étape : dévorer, être dévoré.

Le Bélier : sauter dans l’inconnu

Principe : se lancer sans savoir ce qui nous attend. Lâcher le contrôle et sauter dans l’inconnu. À l’étape Bélier du zodiaque, bébé passe d’un monde à un autre : celui des eaux neptuniennes à la séparation physique. La séparation n’est pas encore psychique, elle interviendra plus tard. Le matricide au sens saturnien du terme ne coïncide absolument pas avec la naissance physique.

Saturne est en chute dans le bélier : le bélier refuse les limites et le monde temporel.

Si le bébé devait rester dans les énergies du bélier, il ne pourrait aller de l’avant.

Du point de vue « Mars bélier », il s’agit d’une naissance.
Du point de vue « Pluton Bélier », il s’agit d’une perte du monde antérieur et d’angoisses d’être livré à un monde pour lequel on se sent totalement inadapté.

Quelque part, l’enfant meurt en naissant. Cette mort doit être transformée en naissance. L’enfant est imprégné du monde antérieur qui était le sien, impuissant et morcelé. Il ne retrouve que le salut en dormant. Quand il se réveille, il se retrouve à nouveau aux prises avec un monde qu’il ne comprend pas.

La colère de « mars en bélier » pour un bébé (même s’il n’en est pas conscient) évoque le refus de la castration initiale et du manque qu’elle introduit : on coupe le cordon de l’enfant qui se trouve chassé des eaux neptuniennes si bienveillantes.

Dans le ventre de sa mère, le bébé n’a rencontré aucune résistance, aucun besoin d’attendre, ni même de réclamer. Pas de froid, pas de faim, pas d’angoisses (enfin, on part du principe que la mère ne rencontre aucun souci pendant sa grossesse). Séparé physiquement de sa mère, il supporte mal la résistance extérieure et ce monde si différent. Il se sent démuni, et à la merci de sa mère pour le garder en vie.

Le seul moyen de tenter de ne pas se sentir impuissant, c’est de crier et de hurler afin que l’autre se plie à sa volonté, car faire réagir l’autre (sa mère) c’est trouver une prise sur ce monde.

La mère « lune en bélier » : la lune « enveloppe », et, mars déchire et sépare. La lune et mars sont a priori deux archétypes antinomiques. Archétypalement (on ne considère pas les autres facteurs du thème), la mère « Lune Bélier » précipite la coupure avec l’enfant en le poussant très tôt à l’autonomie et parfois bien trop tôt, car elle-même a besoin d’indépendance. La lune dans un thème évoque entre autres la relation avec notre propre mère, mais aussi la mère intérieure qui est en nous, héritée de notre lignée. Elle évoque aussi ce avec quoi nous faisons « corps » : en bélier : sépare-toi de ce qui entrave ton indépendance.

Fixation : ne pas se sentir accueilli, refuser l’aide, la tendresse et l’autre, voir le monde comme hostile

Le Taureau : trouver des ressources pour survivre

Principe : trouver les ressources, ne pas négliger la part animale en nous : notre corps.

Dans le ventre de sa mère, le corps de l’enfant fait un avec celui de sa mère. Il ne ressent aucun désagrément corporel. Tout change, une fois séparé. Il a faim, froid ou chaud, son ventre se rappelle à lui. Toutes ces sensations lui étaient étrangères. Il doit très vite trouver un moyen d’y remédier. Le seul moyen à sa disposition c’est sa mère. Sans elle, il est condamné.

Le bébé a besoin à cette étape qu’on lui donne ce qui lui manque. La lune se trouve en exaltation en Taureau : la terre nourricière et généreuse. La lune en taureau fait écho à la mère qui répond naturellement aux besoins de l’enfant.

Déméter correspond pour une part à la nature du Taureau. Elle est mère de l’orge et de tout ce qui pousse sur terre. Le jour où elle suspend sa fonc­tion nourricière par vengeance (sa fille lui a été arrachée par Hadès, le seigneur des enfers), tous les Dieux sont obligés de la prier de n’être ni dans l’appropriation, ni la dévo­ration.

Coré trouve en Déméter tout ce dont un bébé a besoin pour pallier au manque et à l’angoisse. À l’étape du taureau, la mère se présente au bébé comme la permanence de la grande Mère. Elle est la résurgence du signe des poissons (eaux neptuniennes) et du corps dans le corps par le corps contre le corps. Le sein de la mère prolonge le sein des origines. Le bain sensoriel remplace le bain des eaux. Grâce à Déméter, le bébé n’accoste pas sur une rive aride et déserte. L’enfant n’est pas dévoré par Cronos qui nie le monde dont il vient.

Prendre le sein revient à se nourrir au sein des origines (Gaia, la mère originelle qui garde ses enfants en son sein) et assure une présence per­manente, une fusion nourricière qui crée le calme et la quiétude.

Lune en exaltation en taureau : nourriture terrestre et sensorielle

Vénus en domicile diurne en Taureau : nourriture relationnelle

Être en accord avec le taureau humanisé, c’est percevoir la totalité dans la substance de son corps ??’ nourriture + relation + protection qui génère la quiétude et le calme chez le bébé.

Le taureau cherche dans l’immobilisme sécurité et confort. Le taureau aime à ce que les choses aillent comme un long fleuve tranquille. Rien ne devrait le perturber et il se tient bien loin des remous du scorpion.

Dans la phase du Taureau, le bébé souhaite que le fleuve neptunien continue de couler éternellement. Cette propension en nous continue de nous travailler sous forme d’attachement et de possession de biens qui nous amène un sentiment illusoire de quiétude. Chez certains, fixés au stade oral, il y a refus de quitter le sein maternel qui pourvoit à tous les besoins sécuri­taires.

La lune dans un thème astral, parle de cet enfant en nous rattaché à la mère.

Au saut dans le vide (bélier), le Taureau répond par un plein. Au plus, la mère endosse ce rôle de four­nir du plein, au plus l’adulte finira par s’en dé­tacher. S’il en manque, il cherchera à combler ce vide par tous les moyens. À l’étape du taureau, on doit nommer les affres du vide et du manque. Il faut assumer la perte primordiale. La nommer et l’accep­ter, sinon les rapports humains à venir se tisseront sur le mode de la dévoration. L’autre sera seulement considéré comme un instrument servant à combler le vide primordial.

À la naissance, nous l’avons dit, le bébé est vivant, mais comme mort. Il ressent certains besoins, mais ne peut rien y faire. Il est paralysé dans un corps. La mère devient alors source de vie et soulage­ment. Elle est comme Déméter qui est source de vie.

À cette étape, le bébé fait face à 2 dangers.

Soit, il ne rencontre pas la lune / Taureau
Soit celle-ci prend trop de place

Pour le bébé, sa mère n’a pas d’existence propre. Elle est la vie, liée à lui.

Pour le bébé, la mère représente une réponse au vide ressenti, elle le comble et calme ses angoisses de mort. Par ces cris qui ne souffrent aucun retard, il tente de revivre l’éden in utero. Il découvre qu’il peut avoir un pouvoir de toute-puissance sur sa mère qui se précipite à son chevet. Pour l’enfant, elle a le pouvoir d’éloigner la mort.

Une mère contre la mort, c’est ce dont rêve toute mère. Ce fantasme anti-mort est constitutif de l’archétype maternel. C’est le complexe Pluton en scorpion qui met à mal ce fantasme. D’ailleurs, la lune est en chute dans le scorpion. Scorpion qui s’oppose à l’aspect déviant de Déméter / Taureau.

Pluton rappelle que toute mère doit mourir l’heure venue (détachement) et que l’enfant qu’elle a porté doit alors se tourner vers des nourritures qu’elle ne peut pas donner. La mère doit comprendre qu’elle n’est pas toute puissante contre la mort et l’enfant doit comprendre qu’elle n’est pas toute sa vie. Nous y reviendrons à l’étape du scorpion et lors du passage de l’enlèvement de Coré par Hadès.

La maternité a tellement été idéalisée et vénérée que tout ce qui s’éloigne de cette image d’Épinal est source de honte et de souffrance. 10 % des femmes qui accouchent ont des difficultés maternelles majeures.

Quand la mère devient mère, on ne lui permet pas de se concentrer, exprimer ses propres difficultés. Le non-dit accable l’enfant qui les ressent et peut alors lui aussi développer des troubles physiques et psychiques, car la mère et l’enfant sont des vases communi­cants.

La mère « lune en taureau » : incarne l’archétype de Déméter, la mère nourricière et protectrice qui l’est parfois beaucoup trop. Sans autre configuration contrastante dans son thème, elle en vient à posséder, dévorer son enfant. Cet enfant flatte et comble son besoin d’être pleine et remplie, car elle-même a besoin de sécurité et de nourriture sensorielle. C’est la mère par excellence, qui a bien du mal à laisser son enfant avec d’autres qu’elle-même, mettant à mal la socialisation de l’enfant.

Fixation : dévorer, être dévoré

Le Gémeaux : un peu d’espace s’il vous plaît

Si le taureau prolonge le monde prénatal des poissons. Le Gémeaux lui appelle à plus de mouvement. Le bébé est soumis à la fois à un désir d’éternité et d’ouverture à l’en­vironnement. Le Gémeaux installe de l’espace entre la demande et la réponse, le besoin et la satisfaction. Une respiration se met en place entre « il y a la mère » et « elle n’est pas là ».

Mercure prépare l’arrivée de la différenciation et la distanciation en installant du différé et de la frus­tration. Ce différé entre la demande et la réponse permet au bébé de comprendre qu’il n’est pas l’intégralité de l’uni­vers de sa mère. Cela lui permet de comprendre que sa mère a une vie en dehors de lui et que par conséquent il y a une vie à l’extérieur à apprivoiser. L’arrivée d’un enfant résonne toujours avec notre propre histoire, notre propre enfance. Quand la mère a été distante, l’on peut s’attendre à ce que l’on aborde la maternité comme une épreuve face à nos propres capacités à ne pas être défaillante.

Quand cette angoisse s’installe, l’idéal de perfection s’immisce dans nos esprits, quand l’angoisse d’être une mauvaise mère, il peut y avoir un surinvestissement protecteur : la mère humaine devient alors Déméter.

Déméter, fille de Cronos, est née à un moment où la castration (Gaia / Ouranos) avait déjà eu lieu. Coré n’a pas donc été conçue par pathogenèse. Le père était reconnu, mais d’un point de vue biologique et non psychique. Zeus n’est que le géniteur de Coré. Coré vit dans un monde de femmes, entourées des filles d’Océanos. Déméter vit en tant que vierge mère loin du monde de Vénus. Coré ne peut donc comprendre la dimension érotique entre un homme et une femme.

Chez les amazones existe une organisation matriarcale où l’homme n’est vu que comme un géniteur. Filles d’Arès, elles n’élè­vent que des filles et mutilent les garçons. Elles sont dé­vouées à la déesse Artémis.

Alors qu’Artémis avait 3 ans, elle demanda à son père une virginité éternelle, un arc, des flèches, une tunique de chasse et des nymphes pour nourrir ses lévriers. Ses compagnes elles aussi devaient être vierges.

Artémis est l’opposé d’Aphrodite : elle refuse un commerce charnel sauf à des fins d’enfantement. Elle représente aussi la lune et le féminin maternel qui absorbe le féminin érotique.

Artémis évoque le concept de grande mère qui détient le phallus ouranien, op­posé à Cronos chargé d’appliquer la castration et la dif­férenciation. Elle est vestige du fantasme de la pathogenèse.

Le mythe amazonien se perpétue inconsciemment quand une femme utilise un homme pour être enceinte sans voir celui-ci comme l’amant ou le père. Ou encore chez la femme, qui, une fois devenue mère, ne peut plus être amante.

La fille destinée a répéter la mère.

Certaines filles jouent la fidélité à la mère, car la mère attend une certaine loyauté dont certaines filles ne savent se dépendre. D’autres filles adoptent une position de défense : tout, sauf comme ma mère. Uranus est à l’œuvre, le grand défen­seur du « soi » et de la liberté. Il réveille l’état de créateur sous le statut de créature. La fille réagit contre la mère, sans se demander si la voie qu’elle emprunte est la bonne et sans se rendre compte qu’elle continue à la modeler a contrario.

Ouranos est l’enfant vierge de toute programma­tion.

L’emprise de la mère sur le garçon est plus douce, alors que la mère attend de sa fille qu’elle lui ressemble. Le fait d’avoir une fille permet à la mère de s’y identifier.

Que traduit cette peur de la ressemblance, cette peur du même ?

L’hostilité de la fille envers la mère semble cacher une tentative de rupture qu’elle ne saurait opérer par elle-même. Lorsqu’une mère attend une fille, elle s’attend inconsciem­ment à ce qu’elle soit presque elle-même. Elle souhaite que sa fille soit ce qu’elle désire être. Lorsqu’elle rêve sa fille, elle renaît, elle se réinvente. La mère transmet à sa fille le poids des modèles féminins qui prévalent dans sa lignée, mais aussi le poids de sa propre naissance, et de sa propre histoire.

Ce mécanisme psychique naturel relève de l’abus identitaire inconscient projeté sur la fille. En la considérant comme sa propriété ou une exten­sion d’elle-même, elle lui interdit sa propre souveraine­té.

Déméter offre à sa fille un monde où il n’y a que du « même ». Les hommes en sont absents.

Coré signifie « jeune fille ». Ce n’est que lorsqu’elle sera enlevée qu’elle accédera à sa propre souveraineté et sera rebaptisée en tant que Perséphone.

Déméter ne peut accepter que sa fille ne vive plus dans son monde comme elle. Sa fille se doit de suivre ses pas, son chemin et d’obéir au principe de réplication. Quand il y a plusieurs filles, l’injonction de répéti­tion ne s’adresse pas à chacune d’entre elles. Mais les filles qui échappent à cette injonction doivent faire face au fait de ne pas avoir été l’élue de la mère.

L’élue de la mère ressent qu’elle la comble si elle se comporte comme cette dernière l’attend et ressent sa co­lère dans le cas contraire. Elle se sent obligée de s’auto- conformer pour conserver cette nourriture affective dont elle dépend pour en avoir reçu plus que les autres.

Déméter, privée de sa fille (qui lui a désobéi en acceptant les pépins de grenade) est dépossédée de son pouvoir exclusif de combler. Elle n’est plus indispensable. Elle se sent asséchée.
L’univers nourricier est rattaché à la lune / Vénus /Taureau.
En face, Pluton/scorpion : la peur et l’angoisse de ne pas assez être nourrissante.

Certaines mères se conduisent ainsi. Si l’enfant mange bien, la mère se sent « bonne ». Mais, si la mère sou­haite que l’enfant mange pour soulager sa propre angoisse, l’enfant peut rejeter cette nourriture qui ne lui est pas desti­née en propre. L’enfant ressent qu’il soulage l’angoisse de sa mère et non qu’elle le nourrit pour son propre bien-être.

L’anorexie précoce, plus rare chez les garçons peut s’apparenter au fait de refuser d’avaler ce qui vient de la mère (angoisses). Il y a tentative de se défaire de l’emprise de la mère. La fille plus tard peut refuser tout ce qui a trait à la mère ou à la maternité (alimentation, grossesse, rapports sexuels). Ce refus et cette position anorectique apparaissent dès l’enfance. Derrière l’anorexie se cache un besoin de dominer seule ses besoins et ses désirs. Tout ce qui rappelle la dépendance à la mère est nié.

Prendre soin de son corps
les menstruations
et tous ceux qui lui disent comment et quoi faire sont rejetés

L’ascèse devient le socle de dépassement de soi, de l’autonomie et du rejet d’un corps qui pourrait enfanter (être comme sa mère).

Il n’est pas question ici de blâmer les mères qui elles-mêmes ont reçu ce qu’elles sont en héritage de leurs propres mères, mais bien de réfléchir et de nommer ce qui nous hante afin de s’en débarrasser et extraire de la transmission cet état de fait. Je pense même que ces notions devraient être enseignées à minima au lycée, afin de poser une réflexion et entamer une thérapie si nécessaire avant de « transmettre ».

Revenons au signe des gémeaux

Le Gémeaux fonctionne a contrario des signes lunaires en intro­duisant de l’espace. De ce point de vue, Mercure se rattache au principe paternel : le logos, le verbe et s’arrache à l’indifférencié originel. Dans le zodiaque, il fait d’ailleurs un carré croissant avec le signe des Poissons (la fusion).

Déméter cherche à fixer le temps dans un monde de bien-être qui se suffit à lui-même (le Taureau). Déméter éclaire un monde qui prétend détenir la clé de la sécurité et le pouvoir d’empêcher le manque et la mort. Ces mères qui répondent à l’appel de Déméter ont bien du mal à laisser leur nouveau-né (mettre de l’espace entre elle et le bébé).

Dans le mythe de Déméter, c’est précisément cette « absence / espace » sur un moment qui permettra à l’autre de la rencontrer, sous les traits d’Hadès (le tiers séparateur).

Après avoir été nourri, l’enfant détourne ses yeux du sein et regarde autour de lui. Il entend, il voit, il écoute et il sourit. Ce sont les prémices des capacités mercuriennes. La bouche, symbole de l’oralité dans le signe du Taureau devient le symbole du langage dans le signe des gémeaux.

« Sacrifier le taureau consiste à ne plus exiger de prendre ». Le nouveau-né et ce, au fur et à mesure qu’il grandit, passe de « la lune / taureau » : maman est là et « je la prends » au signe des gémeaux : je suis excité par ce qu’il m’entoure et je m’éloigne de maman. Le bébé découvre et explore. L’école se réclamera de la même dimension : apprendre, observer, différencier.

On comprend l’indigence de l’aspect mercurien chez les filles collées à leur mère, qui ont bien du mal à avoir les idées claires et parler en leur nom.

Avez-vous déjà entendu cette phrase ?
« Il m’a fait un rhume » derrière ces mots banals, il y a déni inconscient de la séparation sous couvert de maternage. Il y a déni d’octroyer une vie propre à l’enfant. L’enfant n’a pas eu un rhume, il l’a fait à sa mère. Plus tard, les églises, les institutions, les pensées les philosophies remplaceront le sein maternel auprès de ces enfants-là qui avaleront tout rond un : « je sais ce qui est bon pour toi ».

Le Gémeaux introduit de l’espace et du différé. En ce sens, il introduit l’enfant dans le monde saturnien de la différenciation. Le Gémeaux offre à l’enfant le lait des mots, contrairement au Taureau qui lui offre le lait des sens. La mère reconnaît l’enfant comme un être qui a besoin de sons, de mots et de paroles. Ventre affamé n’a pas d’oreilles. La pulsion de faim ou tout autre besoin primaire écartent ipso facto l’interlocuteur.

Les gémeaux introduisent la quête de l’autre.

Les gémeaux introduisent de la distance et du différé. L’espace mercurien qui s’interpose entre la mère et l’en­fant est la condition indispensable à la constellation de l’archétype paternel. Mercure inaugurera ce qui pourra aboutir en Balance, sous l’exaltation de Saturne, dans un face-à-face avec un autre « moi » différencié.

Tout ce qui signi­fie à l’enfant qu’il n’est pas le seul désir de sa mère fait office de tiers séparateur. Tout ce qui lui montre qu’il n’est pas le centre de l’univers de sa mère le délivre du cadeau empoisonné de la relation incestueuse et dévoratrice du moins sur un plan psychique. Quelque chose ou quelqu’un doit faire office de coupure.

L’animus de la mère (Soleil, Uranus, Mercure) peut faire office de coupure afin qu’elle présente l’enfant à un tiers. Ces planètes peuvent pallier aux dangers fusionnels du maternage.

Si la mère porte en elle une fonction animus, le père n’en est pas moins porteur d’une fonction anima protectrice et nourricière. Le père ne saurait se limiter aux fonctions mercuriennes et saturniennes. Sans la lune dans son thème, le père ne saurait être proche de son enfant. Son fils ne saurait s’identifier à lui et la fille ne pourrait pas s’appuyer sur lui pour envisager de manière positive la relation au masculin. La fonc­tion lunaire du père permet à la fonction saturnienne d’être acceptée et intégrée.

On a long­temps cru que le tout petit bébé ne pouvait s’attacher qu’à sa mère, mais on a découvert que l’enfant n’était pas qu’une bouche. Partout, des psychologues ont fait des études sur l’attachement précoce. Le plus marquant et propre à l’espèce hu­maine c’est le sourire. Les préludes du sourire apparaissent quelques heures après la naissance. L’enfant est un être so­cial qui a autant besoin de nourriture taurienne que de nourriture mercurienne. Le père qui n’a pas de seins peut tout autant échanger avec son enfant : caresses, sourires, sons, odeurs et voix. Ce lien précoce avec le père est toutefois entravé quand la mère s’inscrit dans un registre « Déméter Coré », où les prérogatives maternelles l’emportent sur les besoins de socialisation de l’enfant propres au signe des gémeaux.

La mère archétypale « lune en Gémeaux » n’est pas très à l’aise avec l’idée de materner un nourrisson collé à elle et qui ne parle pas encore. Le bébé a besoin d’un rythme de vie très régulier, très routinier et cette mère là, n’aime pas ça, comme tous les signes d’air (à part la balance). Elle s’éveille enfin, lorsque le bébé commence à vouloir explorer, découvrir, apprendre, bouger, car elle-même en a grand besoin. La mère archétypique « lune Gémeaux » ne sera pas de celles qui refusera de faire entrer d’autres personnes dans la vie du nourrisson, tant elle-même a besoin de contacts.

Fixation : avoir peur des autres et de l’inconnu

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