La relation mère fille en astrologie : Déméter et ses ancêtres

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Cet article comporte 4080 mots

Mère et fille : introduction

En dessous des destins qui se tissent, existe une trame archétypique sur laquelle viennent se nouer les fils des histoires individuelles. Voici, une de ces trames archétypiques : le mythe de Déméter et de Coré (Perséphone).

Déméter est une mère en pleurs qui souffre la perte de son enfant, qui n’est pourtant pas perdu. Retenez que Déméter est une mère qui personnifie la grande Mère (Gaia), garante de la vie.

Un mythe peut se lire sous plusieurs angles et nul ne peut prétendre être objectif. Le mythe de Déméter est un mythe naturaliste. Il évoque la mort de l’hiver et renaissance du printemps (palingénésie — retour à la vie), mais d’autres l’abordent sous l’angle de la différencia­tion mère-fille et relient le plan naturaliste à la psychologie.

Déméter et son ancestralité

Gaia, notre grand-mère archétypique à tous

Dans la théogonie d’Hésiode, Gaia est dite capable de parthogénèse. Gaia est donc capable d’enfanter par elle-même et représente la mère phallique. À ce stade de l’histoire, le masculin n’est pas encore différencié du féminin. Ouranos est le phallus intérieur qui lui permet de procréer.

Du féminin naît le masculin. Gaia met au monde Ouranos.

En astrologie, la conjonction solilunaire est nommée syzygie et relie les 2 principes (masculin et féminin : là où nous sommes complets et comblés sans limitation). Le mi-point « soleil-lune » remplit la même fonction.

Cette première phase de la cosmogonie est matricielle et fusionnelle. La vie, c’est la mère. Cette phase fait écho au mythe du jardin d’Eden où tout n’est que tranquillité, confort, sérénité et absence de mort.

En psychologie, on parle d’état édénique que nous cherchons tous en quelque chose ou quelqu’un et qui offre un fort écho au signe des Poissons.

Ouranos, notre grand-père archétypique à tous

Ouranos, fils-amant, évoque l’effusion créative, l’effusion féconde, que vivent beaucoup d’uraniens. Dans la cosmogonie d’Hésiode, Ouranos hait ses enfants, car ils ne correspondent pas à l’idéal qu’il s’en était fait. Ouranos les a imaginés parfaits et incarnés dans la matière, il les voit alors monstrueux, car limités.

Ouranos représente le fantasme avant la créa­tion, le souffle créateur fécond, l’esprit. Ce qui se passe après la création, relève du monde de Cronos / Saturne.

Ouranos est rebelle à toute forme qui par nature cons­titue un enfermement, une limitation de l’esprit, une castration de l’idée.

De l’union d’Ouranos et de Gaia naquit Cronos (entre autres) qui allait les conduire à la perte de leur toute-puissance.

Cronos — gardien de la terre, de la matière et de la temporalité

Ouranos, comme nous l’avons dit plus haut, craint et hait ses terribles enfants, qu’il tient enfermés dans le sein de la Terre Mère Gaia. Un jour, courroucée, Gaia demande à l’un de ses fils, Cronos, de l’aider à se venger. Cronos émascule alors Ouranos avec une faux (concept de séparation).
De cette émasculation naquit Aphrodite, les furies et les géants. Chronos devint le gardien de la terre et épousa Rhéa, sa sœur.

De l’union entre Rhéa et Cronos, Naquirent Déméter, Hestia, Hadès, Poséidon et Zeus.

Cronos (saturne) en émasculant Ouranos accomplit un acte de séparation psychologique : différencier et séparer le masculin du féminin. Le rôle joué par l’homme dans la fé­condation sera pour la première pris en compte.

Couper le cordon : rentrer dans le monde saturnien et renoncer à la fusion avec la grande Mère.

Cet acte introduit en psychologie, la notion d’altérité à laquelle tout enfant doit accéder et qu’il rencontrera dans le signe de la balance. La mère doit renoncer à son statut de grande Mère toute puissante afin que l’enfant puisse construire son « moi » dont il fera connaissance dans le signe du lion.

En psychologie, cela évoque le fait d’accepter d’être une mère humaine, limitée et castrée de sa toute-puissance sur l’enfant. Si la mère n’y renonce pas, elle s’octroie un pouvoir qui lui vient de l’archétype (Ouranos/Gaia) et confond son enfant avec Ouranos, qui lui seul peut la combler.

En astrologie, les planètes Uranus, Neptune et Pluton représentent toutes la toute-puissance.

Uranus : la perfection des origines, le fantasme créatif de la perfection
Neptune : la jouissance océanique et l’Eden, seuls capables d’engendrer le bien-être ouroborique
Pluton : la toute-puissance chtonienne.

Avec Cronos, on passe de l’éternité à la temporalité. De la toute-puissance à la limitation, de la condition divine à la mortalité.

Par la mère, on est porté (Gaia). Par le père, on doit se porter (Cronos). Sous le règne de Cronos, l’enfant doit comprendre que la mère ne peut satisfaire tous ses besoins, il doit apprendre la limitation et la frus­tration. Il doit séparer et différencier la mère de la Mère. Il doit opérer en lui un matricide.

À chaque fois qu’un passage se fait entre le non ma­nifesté et la manifestation, c’est la castration d’Ouranos qui se joue symboliquement. Toute réalisation est une castration. Une chute de l’idée (génie créatif) dans la réalité.

L’enfant doit faire le deuil de la Mère originelle et d’Ouranos, monde où tout est possible, tout est renouvelable et en perpétuelle création. Ce principe créateur originel garant du « soi originel », fusion du yin et du yang indifférencié.

Carl Jung, qui a introduit, la notion du « soi originel » en chacun de nous a Uranus en lion, conjoint au soleil et il est ascendant verseau. Une configuration très ouranienne.

Dans la cosmogonie d’Hésiode, Cronos qui n’est pas encore devenu Saturne, comme son père Ouranos, il dévore lui aussi ses enfants (quelle hérédité !). Il avait été averti par la prophétie de Gaïa qu'un jour, l'un d'entre eux le détrônerait. Mais, tapies dans l’ombre, d’autres rasions plus personnelles l’ont poussé à la « dévoration » : il hait tout ce qui lui rappelle la matrice, la mère et le monde des enfants qui lui rappelle un peu trop son propre passé de dépendance.

Dans un thème astral, Saturne peut représenter sa version archaïque de lui-même (Cronos), qui castre le désir de l’autre, dévore ses enfants et étouffe tout ce qui évoque la lune, au lieu d’être simplement un père qui confronte l’enfant aux limites de la réalité.

Le vrai pur saturnien, fidèle à la réalité et à son cadre de ré­férence rejette tout ce qui est lié au monde d’Ouranos et de la lune (Gaia) : ses ennemis originels. Il érige des défenses, des barrières afin de devenir citadelle imprenable.

L’incarnation archétypale de Gaia par une mère de chair n’en est pas moins dangereuse. Dans la vraie vie, l’enfant à la naissance voit sa mère comme la grande Mère, investie de pouvoir et de mort. Elle est celle qui le maintient en vie. Il doit peu à peu différencier la grande Mère de la mère réelle, faute de quoi, il sera castré (de son soi) par elle, dévoré et englué dans ses flancs nourriciers. L’enfant oscillera entre sentiment de toute-puissance et sentiment d’impuissance. Nous en reparlerons quand nous évoquerons Déméter.

Ne fustigeons pas de suite Saturne / Cronos (le séparateur). Il nous permet de ne pas considérer l’autre comme un bien personnel, tout juste bon à assouvir nos désirs de jouissance, de puissance et de pouvoir de vie sur l’autre sans limites.

Symboliquement, les « enfants dévorés par Cronos » sont dans le ventre du père, incorporés par le père à qui il transmet un programme de verticalisation. Ils ne sont pas mangés et détruits, comme vous le verrez dans la suite de l’article.

Le ventre de la mère est propice à l’éclosion de la vie, il devient dangereux lorsque ce « ventre » maintient trop longtemps dans un lieu clos et paradisiaque, car il n’est pas propice à la verticalisation, comme celui du père. Le ventre du père est idéal pour la verticalisation, mais le risque encouru demeure alors la rigidification.

Notre Saturne archétypal a peur de ce que représente l’enfant rattaché à la notion de la grande Mère et de la dépendan­ce, du contrôle par la fusion. Il s’est construit en se dé­fendant contre ce qu’elle représente. Saturne aime à penser qu’il s’est fait seul, quitte à renier son passé (axe « Cancer Capricorne » : lune / saturne).

En astrologie, La lune est en exil dans le royaume de Saturne (Capricorne) et Saturne en exil dans le royaume de la Lune (Cancer).

« Cronos » s’aliène dans la répétition et refuse toute évolution (Verseau / uranus) et l’ailleurs (Sagittaire).

Tous les signes de terre vénèrent :

la tranquillité
le mûrissement
les cycles
la nature
l’harmonie avec le corps
l’ici et le maintenant

Les signes de feu évoquent les quêtes sacrées, l’intuition, l’inspiration. Le feu est élan, la terre est durée. Le feu est passion, la terre est constance. Les signes de terre érigent la ré­alité au rang de religion.

Saturne devient herbicide paternel quand il refuse le feu des enfants :

L’indépendance (le bélier),
La souveraineté (le lion)
Un avenir, un ailleurs (sagittaire).

Les enfants représentent le renouvelle­ment et le chaos dans un monde établi, préprogrammé, ce que n’aime nullement Cronos qui se cache parfois derrière « le saturne de nos thèmes ».

La destitution de Cronos et l’avènement de Zeus / Jupiter

Rhéa, épouse de Cronos, lasse de voir ses enfants dévorés, demande à ses parents (Gaia et Ouranos) de cacher la naissance de son fil Zeus et de venger tous ses enfants qu’elle n’a pu materner. Ce qu’ils acceptèrent.

Notez que les grands-parents Divins sont parfois eux aussi de meilleurs grands-parents qu’ils ne furent parents.

Ainsi, Zeus, élevé comme un prince et dorloté à l’écart de son dévorateur de père devint adulte. Zeus demanda alors à la rusée Métis de piéger son père avec une boisson vomitive. Il vomit ainsi tous ses enfants « dévorés ». Ensembles avec les cyclopes et les géants, tous les enfants renversèrent Cronos (oui, l’histoire se répète, mais n’est pas ainsi aussi chez les hommes de chair?). Zeus reçut le ciel. Poséidon la mer et Hadès les profondeurs souterraines. En s’octroyant le ciel, Zeus réhabilite le plan d’Ouranos, son grand-père. Il pressent et comprend la totalité originelle. Il est ce qui nous mobilise pour la res­taurer.

« Zeus / Jupiter » évoque la pulsion de la totalité originelle. À travers lui, nous souhaitons chercher dans l’espace et le temps, demain et ailleurs ce que nous ne trouvons pas dans l’ici et le maintenant. Là est la base de toutes les quêtes jupitériennes. Zeus ressuscite notre nature ailée. Avec Jupiter, nous échappons à l’enferme­ment par la répétition. Nous aspirons à un ailleurs, à un avenir, à un autrement.

Jupiter est intuition de « soi ». Saturne est accomplissement de soi (verticalisation).

« Avec Zeus / Jupiter », on se sent transportée par les Dieux, mais rien n’est plus dangereux que de prétendre agir au nom de Dieu ou de prétendre tout savoir, de flirter avec les cimes ou de vouloir se croire au-dessus des autres.

L’envol jupitérien : s’évader du monde de Saturne, avec les dan­gers que cela représente.

Avec Jupiter, nous projetons l’éden perdu (syzygie primordiale) sur une idé­ologie, un idéal, un absolu, une philosophie. On a soif d’ouverture et de renouveau.

Tout n’est pas parfait au royaume de Zeus

Après la destitution de Cronos, le partage fut fait entre le monde ouranien (Zeus) et le monde chtonien (« Poséidon / Neptune » et « Hadès / Pluton »). Zeus n’est pas tout puissant comme la grande Mère ou comme Cronos, mais omniscient.

Avec Zeus vient le règne du patriarcat. Pour preuve, l’histoire d’Oreste qui commit un matricide et qui fut pardonné par Zeus, Athéna et Apollon, au prétexte que la femme n’est finalement que le réceptacle de la vie et non celle qui engendre la vie.

Aristote a conceptualisé cette idée : la femme est un mâle imparfait. Comprenez un être inférieur et castré.

Zeus et sa femme Héra forment un couple traditionnel dont Zeus est le chef de famille incontesté (modèle patriarcal). Héra n’est pas souveraine (ni pénis ni semence), mais elle tire avantage à être aux côtés d’une figure tutélaire. Zeus et Héra ne représentent pas le couple au sens érotique du terme, mais la famille et la légitimité. Héra n’est pas l’amour de Zeus, mais la mère de ses enfants. Il a donc de nombreuses maîtresses. Héra est la gardienne de la famille et des femmes mariées et abhorre la séduisante et sexy « Vénus / Aphrodite » en qui elle voit une briseuse de ménages.

En astrologie, on retrouve ce clivage mère / amante avec la lune et Vénus, notamment en conjonction.

Zeus : le clivage entre l’esprit et la matière

Pour Héraclite, Dieu est en tout. Tout est changement et chaque chose se transforme en l’autre et vice versa. Chaque couple d’opposés n’est en fait qu’unité. Cette unicité, Héraclite l’a nommée logos. Jung l’a appelé fonction transcendante. Fonction qu’il rattache à Hermès.

Parménide voit le divin comme étant une fonction immuable qui dirige le monde, mais extérieure à toutes choses. Ce fut le début de la rupture entre l’esprit et la matière. La civilisation occidentale s’est construite sur cette rupture. Le monde est devenu un phénomène objectif propice au cloisonnement.

Zeus a instauré la suprématie du ciel sur la terre et a finalement, exacerbé les conflits entre l’esprit et la matière. On vénère l’esprit et l’on diabolise la matière et les mondes chtoniens. On fait la promotion d’une idée ou d’une cause et l’on diabolise ce qui s’y oppose. Les titans sont dans le tartare, mais continuent toujours de hanter et de faire peur. Les parts animales en nous sont toujours là. Le combat entre ce qui nous paraît être un idéal et nos démons intérieurs peut commencer.

Revenons à castration d’Ouranos

Quand Ouranos fut castré et Gaïa privée de son pouvoir, le sang créa les Érinyes et les furies, quant au phallus, il engendra Aphrodite.

Cronos, au moment de la castration, rejette le sang derrière lui, comme symbolisme d’un refoulement, d’une négation. Il est une constante psychologique que tout élément refoulé revient sous forme de monstre effroyable. En lui-même, l’élément n’est pas effroyable. C’est la peur de cet élé­ment qui le rend effroyable.

Les furies ont leur équivalent avec Lilith, la rage du féminin déchu. Lilith représente cet autre pôle déchu. Pôle qui a été relégué, cette intériorisation condamnée.

Héra est prisonnière de ces deux modèles féminins. Elle est à la fois Eve soumise et Lilith enragée. En effet, Zeus se renouvelle à travers ses enfants qui lui appartiennent (et non à Héra). Ce renouvellement a lieu à travers les générations qui se succèdent et non en lui.

Si Héra relève du mythe de Lilith, c’est qu’elle porte en elle une rage due à la soumission forcée au pater familias. Elle ne veut pas n’être qu’un ventre qui enfante.

De Zeus à Jupiter

Quand Zeus deviendra Jupiter et s’humanisera grâce à Hermès, il reconnaîtra « l’origine » dans chaque manifestation. Jupiter sera alors prêt à représenter en chacun de nous l’élan qui nous pousse à trouver « David dans la pierre » (Uranus en saturne = l’idée qui s’invite dans la matière). Ainsi il n’y aura plus de sectarisme, de supériorité, de conflits entre Saturne, Uranus et Jupiter. Il ne restera que la fraternité. Dans l’histoire de la théogonie, il faudra le concours de « Mercure / Hermès » (le messager des Dieux) pour que Zeus devienne Jupiter et tende la main à ses frères Poséidon et Hadès.

Le nouveau Jupiter ne rejette pas « le maternel des origines » comme Cronos ni ne prétend tout savoir comme Zeus, qui ne se soumet à aucun doute ni à aucune intériorité. Il est celui qui accepte Ouranos en chacun de nous et voit en nous « le maternel des origines ».

Hermès : enfant de tous les mondes

Le monde inférieur est partagé par Poséidon et Hadès. Ils règnent sur tout ce qui est enfoui : l’inconscient et les pro­fondeurs.

Poséidon maître des forces promptes au débordement
Hadès maître des forces promptes aux tremblements de terre

Ce monde sauvage, nous avons la vocation de l’apprivoiser. Nous devons humaniser les animaux qui peuplent notre jungle intérieure. La descente nocturne passe par les 3 signes d’eau et les 3 maisons d’eau.

Hermès est le guide qui nous accompagne dans ce voyage. Hermès est le seul Dieu accrédité par Hadès. Il est fils de Zeus et fait preuve de ruse, d’inventivité et d’habileté langagière déconcertante dès sa naissance. Hermès quitta rapidement sa mère, pour partir à la découverte et satisfaire sa curio­sité. À peine né, Hermès chante l’hymne d’Union à ses parents : Zeus le ciel et Maia (l’eau). Hermès n’a ni la nostalgie du passé ni la soif de l’avenir. Mercure s’adapte à ce qui lui est offert au temps présent. Il est satisfait d’être l’enfant des 2 mondes : le ciel et les eaux souterraines. Il est le seigneur des carrefours. Il ne vit pas dans les opposés et au contraire s’en félicite.

Hermès ne se range dans aucun camp et se félicite que tous existent. Il faci­lite la circulation des idées en ne défendant aucun point de vue. Il reconnaît les spécificités de chacun et les accep­te comme telles. Il se situe au-delà de la dualité ré­ductrice des opposés. Il donne la parole et honore chaque pôle opposé. Mercure échappe à la logique de l’affron­tement. Il aime discourir, argumenter et récolter toutes sortes d’informations.

« Hermès / Mercure » n’a pas de territoire psychique à défendre puisque son rôle est de les relier. Il n’est ni moral, ni amoral, ni perpétueur ou transmetteur, il est le découvreur. « Hermès / mercure » donne la parole à toutes les parts de soi y compris celles qui sont enfouies.

Quand Jupiter a besoin de légitimité et d’approbation sociale, et Vénus a besoin de plaire, et la Lune a besoin de la famille et du clan, Hermès / Mercure n’a ni normalité, ni dignité, ni besoin à défendre. Hermès Mercure a reçu le don de dire (pour les autres) ce qui est tu.

Zeus, son père, lui a du reste confié une mission : celle de nommer les animaux, tous les animaux. Pour nommer et reconnaître les animaux, il faut prendre de la distance et observer. D’ailleurs, dans la cosmogonie d’Hésiode, « Hermès/ mercure » est berger.

En psychologie, cela fait référence au monde animal en nous. Nommer, c’est reconnaître et donc leur donner une existence propre. Ainsi, nommer les animaux, revient à les extirper de nos profondeurs, là où les « sans nom » et donc « les non-dits » nous hantent. Ne pas nommer, c’est ne pas reconnaître. Cela revient à être hanté par ce que l’on ne reconnaît pas.

Mais quels animaux Hermès /mercure peut-il bien nommer ?

Il ne vous aura pas échappé que le zodiaque regorge d’animaux.

Le taureau qui signe l’attachement, la possession, l’oralité, « le maternel archaïque ». Nommer le taureau revient à mettre au jour la part en nous qui cherche à dévorer ou à se laisser dévorer.

Le Lion qui signe la souveraineté. Il est nécessaire de lever la confusion entre l’admiration et l’amour. Nommer le lion revient à mettre au jour les failles identitaires qui font le lit des rapports de force afin de revenir à une royauté authentique.

Le Scorpion signe la capacité à exercer son propre pouvoir. Nommer le scorpion, revient à mettre en lumière cette peur d’être livrée à l’autre, mais aussi cette tendance à le soumettre à son bon vouloir. Il faut s’affranchir de la méfiance envers autrui, une fois que nos propres penchants abusifs ne sont plus pro­jetés. En scorpion, le masculin ne doit plus posséder et le féminin ne doit plus engloutir.

Zeus ne peut pas régner tant qu’il se positionne dans un cli­vage entre le ciel et les profondeurs (ses frères Poséidon et Hadès). Le Sagittaire (Jupiter / Zeus) doit passer de monture à cavalier et nommer l’animal en lui. Il doit assimiler et reconnaître que l’animal (les profondeurs) en lui ne lui est pas étranger.

Tant que nous les reléguons au niveau de monstres à cacher, ils sont prêts à nous engloutir. Les accepter, les regarder, les nommer les humanise.

Dans nombre de contes de fées, l’animal accepté et aimé se transforme en humain, à commencer par la belle et la bête.
Pluton participe à la transformation de l’animal
Neptune participe à la rédemption de l’animal
Jupiter participe à l’intégration de l’animal et son humanisation.
Uranus doit humaniser les animaux sans rejeter cet aspect en lui, sans rejeter cette chair fautive et imparfaite.

Mercure et son caducée évoquent la réunion du haut et du bas — du parfait et de l’imparfait. En un mot la réunion des con­traires. Le diurne et le nocturne. Mercure préside dans l’art de la mue, par le fait simple que nommer préside à la différenciation et nous libère peu à peu de la peau de l’animal qui en est l’objectivation.

Conclusion de la première partie

Déméter, fille de Cronos, petite fille de Gaia, porte l’héritage d’une lignée de « dévorateurs » et de « castrateurs ». Comme beaucoup de filles de chair, elle reprend à son compte l’histoire de ses ancêtres et plus particulièrement de sa grand-mère. Dans les articles suivants, nous verrons comment la relation mère-fille se construit ou se déconstruit au fil des signes du zodiaque et en prenant pour appui le mythe de Déméter et de Coré / Perséphone.

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