Soulager un complexe de sentiment de persécution en astrologie

Se débarrasser d'un sentiment de persécution, d'être un bouc émissaire n'est pas aisé. Cependant le thème astral offre de sérieuses pistes. Il est d'abord nécessaire d'avoir conscience de ce complexe, de savoir exprimer une colère saine puis en fonction des planètes impliquées de les travailler en mode créatif et actif. comme toujours tout ce qui est larvé dans l'inconscient vient saboter la perception du moi et des autres.

Sommaire

    Travailler avec le complexe du bouc émissaire

    Si le thème du bouc émissaire est fortement accentué dans la vie d’une personne, on ne peut pas le supprimer, quelle que soit la conscience que l’on en a. De la même manière, on ne peut pas envoyer et obtenir un nouveau thème de naissance, et si des schémas impliquant Saturne, Chiron, Pluton, Neptune et Uranus sont puissants dans le thème, il s’agit d’apprendre à vivre ces schémas de manière créative plutôt que d’être dominé par un complexe inconscient du bouc émissaire.

    Pour s’extraire des dimensions oppressives et destructrices de ce complexe, il faut en reconnaître le noyau de base et accepter la responsabilité qu’il nous impose, tout en gardant le sens de l’humour et en maîtrisant nos limites humaines. Il est alors possible de remplir le rôle archétypal de manière créative.

    La différence nous oblige à offrir quelque chose en retour au collectif. Qu’il s’agisse d’un talent particulier, d’une grande sensibilité, d’une imagination particulièrement riche, d’un intellect particulièrement fin, d’une profonde capacité de compassion née de la souffrance ou d’une capacité de discernement inhabituelle, être différent n’implique pas seulement d’être un bouc émissaire. C’est aussi un don qu’il faut payer. Il est inutile d’espérer devenir « normal », et tout aussi inutile d’en vouloir au collectif parce que ce don semble parfois menaçant pour les autres ou nous fait nous sentir isolés.

    Tout au long de l’histoire, les êtres humains se sont livrés aux formes les plus épouvantables de la désignation de boucs émissaires. Il n’y a pas de groupe qui ne soit pas coupable de persécuter les autres ni de groupes qui n’aient pas été un jour ou l’autre un bouc émissaire. C’est pourquoi, lorsque nous examinons un thème, nous devons éviter de nous lancer aveuglément et de déclarer : « Bien sûr, c’est un psychopathe. »

    C’est peut-être vrai, mais le thème ne peut pas à lui seul nous le dire. Les configurations de son thème seront très similaires aux configurations de nos propres thèmes, et quelque part en chacun de nous se trouve la capacité de transformer notre bouc émissaire intérieur en persécuteur.

    Même s’il ne s’agit que d’une remarque désobligeante à l’égard d’une personne que nous jugeons inférieure à nous-mêmes, nous exhibons une petite part d’Adolf. Nous en sommes tous capables, et de même, nous pouvons tous nous laisser aller à des sentiments de victimisation et de rage empoisonnée lorsque nos besoins ne sont pas satisfaits.

    Si notre milieu familial a fait fleurir le schéma archétypal sous forme de blessure, nous risquons fort de nous identifier au mythe du bouc émissaire. Travailler avec ce complexe implique une énorme responsabilité. Il est beaucoup plus facile d’être un bouc émissaire au sens habituel du terme et de s’apitoyer sur son sort. Nous pouvons nous identifier à la victime ou à l’exilé, et nous pouvons toujours trouver un persécuteur « là dehors » à blâmer pour notre malheur, car les persécuteurs existent vraiment.

    Il est beaucoup plus difficile de se demander :

    • Où est le persécuteur à l’intérieur ?
    • De quoi suis-je le bouc émissaire en moi, et pourquoi ?
    • Est-ce que je cultive la victimisation parce que le fait d’être malheureux me fait me sentir spécial ?
    • Ce sont des questions difficiles, mais si nous ne les posons pas, nous n’arriverons à rien du tout. Nous pouvons être victimes d’un amant, d’un ami, d’un employeur, d’un employé, ou de toute autre personne dans nos vies que nous mettons dans le rôle nécessaire afin de remplir notre complexe.

      Si un transit déclenche un aspect natal comme Soleil-Chiron ou Lune-Pluton, nous pouvons devenir plus conscients du schéma et travailler avec lui de façon plus créative. Chaque fois qu’une planète natale est transitée, quelque chose de nouveau concernant cette planète essaie d’émerger à la conscience.

      Très souvent, nous mettons en œuvre nos transits avant de nous rendre compte de ce qui se passe. Nous les vivons concrètement dans le monde, et parfois cela est nécessaire, car l’expérience sert d’éveil. Nous ne pouvons pas forcer les choses à devenir conscientes avant qu’elles ne soient prêtes par une sorte de processus intellectuel abstrait, et nous ne pouvons pas utiliser nos connaissances astrologiques ou psychologiques pour éviter la vie. Mais même si une situation extérieure douloureuse se présente, un transit puissant peut nous donner une chance de comprendre le sens profond du modèle.

      Paranoïa et martyre

      Lorsque nous parlons de paranoïa, nous décrivons le sentiment que d’autres personnes sont à nos trousses. Parfois, bien sûr, cela peut être vrai. Dans ce cas, il ne s’agit pas de paranoïa, mais d’un bon instinct de survie. Mais parfois, l’instinct de survie perd son lien avec la réalité et devient envahissant à un degré pathologique.

      Cette situation est généralement liée à un Pluton difficile, et elle est enracinée dans un sentiment précoce de danger imminent dans l’environnement. Même lorsque le danger est passé, l’individu persiste à le voir partout. Cette expérience est souvent une caractéristique du complexe du bouc émissaire.

      Thomas Hamilton, avec son carré exact « Soleil-Pluton », en est un bon exemple. Il avait le sentiment que tous cherchaient à le détruire. Parfois, la peur et la rage deviennent si insupportables que l’on devient soi-même un destructeur pour prévenir une destruction imminente.

      Dans le tableau clinique de la schizophrénie paranoïde, les actes de violence destructive reflètent la pression intolérable qui résulte d’un sentiment constant de persécution.

      • Un Pluton fort peut indiquer que l’on croit avoir mérité une punition parce que nous sommes si mauvais.
      • Un fort Jupiter ou Neptune combiné à un fort Pluton peut indiquer que nous croyons être punis parce que nous sommes si bons.

      La victime passive qui se sent pleine de honte et de culpabilité peut aussi secrètement se sentir « élue ». Je ne parle pas ici des vraies victimes. Je parle de la victime professionnelle qui joue à fond le rôle du martyr et dont la rage inexprimée peut provoquer une grande colère et même de la cruauté chez les autres. Les victimes impuissantes qui persistent à être « parfaitement spirituelles » sont généralement séparées de leur rage. La rage s’exprime alors indirectement, ou est projetée et vécue par procuration.

      La colère de la victime impuissante doit être exprimée par la victime, et non par un sauveur de substitution (un coach par exemple). Il est nécessaire d’apprendre à se battre. Lorsque le bouc émissaire commence à se défendre de manière honnête, quelque chose a déjà commencé à changer. C’est lorsque la rage du bouc émissaire est inconsciente et indirecte qu’elle est si souvent mortelle.

      Réciter une litanie sans fin de malheurs est une expression d’apitoiement sur soi, pas de colère honnête.

      La guérison de la victime impuissante commence en partie par la reconnaissance du fait qu’il est approprié et sain d’être en colère. La colère a finalement besoin d’être canalisée de manière créative par la conscience, car un état permanent de colère ne mène nulle part. Une colère qui ne mène pas à une action constructive enfermera l’individu dans la provocation d’une plus grande victimisation, car elle est ancrée dans l’impuissance.

      Ou bien la victime peut se transformer en persécuteur. Mais au départ, la colère est une réponse appropriée et nécessaire au fait d’être un bouc émissaire. Et même si la victimisation est projetée et que la colère est dirigée vers d’autres boucs émissaires, il s’agit au moins de colère, et elle peut ouvrir la porte qui mène à sa propre histoire intérieure.

      Pluton et l’exil

      Pluton est souvent impliqué dans le schéma du bouc émissaire, car il est enclin à porter l’ombre collective. Différentes planètes se rapportent à différentes dimensions ou facettes du thème du bouc émissaire, et tous les complexes du bouc émissaire n’impliquent pas des problèmes plutoniens.

      Les plutoniens sont particulièrement sensibles à l’obscurité du collectif. Elles en sont conscientes dès leur plus jeune âge. Ils la ressentent et la sentent, et leur instinct de survie leur dit quand l’environnement est potentiellement dangereux. Les enfants plutoniens sont souvent pris pour boucs émissaires parce qu’ils voient trop. Ils sentent tout ce que les autres sont occupés à dissimuler. Les structures saturniennes dominantes, tant dans l’ego individuel que dans le collectif, exigent la suppression du côté le plus primitif de la nature humaine. Mais le plutonien sait toujours quand la fosse septique psychique fuit. C’est pourquoi l’enfant plutonien peut être pris pour bouc émissaire par ses parents, ses frères et sœurs, ses enseignants ou ses pairs qui ont beaucoup à cacher.

      Mais la réponse de Pluton n’est pas la même que celle de Neptune. Pluton n’est pas vraiment une victime. Occasionnellement, on peut voir des plutoniens jouer le rôle de victime, mais il y a généralement un élément fortement manipulateur dans ce rôle. Le plus souvent, ils nourrissent leurs griefs et attendent le bon moment pour se venger. Il est rare de voir un plutonien pathétique. On en voit plus souvent des déprimés ou des enragés.

      Pluton est un facteur très important dans le schéma du bouc émissaire, mais ce n’est pas une victime sans défense. J’ai connu quelques personnes ayant un « Soleil Pluton » ou une « Lune Pluton » qui donnent l’impression d’être des victimes impuissantes, mais ce sont des personnes extrêmement fortes qui portent en elles beaucoup de poison, et le martyre leur donne un grand pouvoir.

      Les plutoniens jouent généralement le rôle du bouc exilé, contraint de se venger de ceux qui l’ont blessé, et parfois de se détruire dans le processus.

      La rage consciente est nécessaire, car la rage inconsciente peut être très dangereuse et rend presque impossible le relâchement de l’emprise du complexe. Il peut aussi être nécessaire d’exprimer des sentiments d’impuissance, car de nombreux boucs émissaires ne savent pas qu’ils sont porteurs de ce schéma. Ils se croient forts et compétents, et pourtant ils continuent à être victimes. Les besoins de dépendance peuvent devoir être exprimés plutôt que d’être cachés sous la fierté isolée et colérique qui accompagne si souvent le bouc émissaire en exil.

      Il se peut que de nombreuses dimensions émotionnelles de ce schéma doivent être traitées dans un contexte thérapeutique. Mais en fin de compte, traiter le bouc émissaire de manière créative implique d’accepter un schéma mythique sans s’identifier à aucun des rôles.

      Les habituels suspects du complexe du bouc émissaire

      • Soleil Pluton
      • Soleil en scorpion
      • Soleil en maison 8
      • Soleil en maison 12
      • Soleil Neptune
      • Chiron en verseau
      • Chiron en maison 11
      • Uranus angulaire
      • Fort accent sur le lion
      • La Lune et Chiron
      • Lune et pluton
      • Soleil et mars gravement contrarié par saturne et les planètes lourdes
      • Un pôle fort (mars soleil) opposé à un pôle faible (lune Neptune)
      • Saturne en maison 4
      Pas de précipitation, toutes ces configurations n’indiquent pas obligatoirement un complexe. Toute planète et toute configuration porte en elle son ombre et sa lumière. Le vécu et l’environnement sont déterminants.

      Les transits qui déclenchent le complexe

      Les transits ne créent jamais un complexe, mais peuvent déclencher un complexe en sommeil. Tout dépend si l’on est prêt à faire le dur travail de prise de conscience. Les suspects sont toujours les mêmes.

      L’ouverture au collectif est un élément important du complexe du bouc émissaire, et cela est certainement représenté dans la carte du ciel. Un sentiment de blessure est également un élément important, et cela aussi est représenté dans le thème. Mais nous ne pouvons pas savoir, à partir de la carte du ciel, ce que chaque individu fera de sa réceptivité ou de sa souffrance.

      Il y a des moments dans la vie où nous pouvons décider de combattre nos propres compulsions destructrices, même si cela fait mal. Ou bien nous pouvons choisir d’ignorer cette petite voix tranquille et continuer à céder au complexe, même si nous savons que d’autres sont blessés. Souvent, nous ne remarquons même pas quand ces moments critiques se produisent. Nous faisons toute une série de petits choix sans y prêter attention, puis, lorsque les conséquences arrivent, nous sommes étonnés et prétendons que cela n’a rien à voir avec nous.

      Le parent en tant que bouc émissaire et persécuteur

      Les modèles hérités de la maltraitance

      Je voudrais m’attarder un peu plus sur la question du parent en tant que bouc émissaire et persécuteur. La maltraitance des enfants par les parents est l’une des manifestations les plus inquiétantes, les plus destructrices et les plus douloureuses de toutes les manifestations possibles du complexe du bouc émissaire au sein des familles et des individus.

      Chaque fois que le sujet est abordé, quelqu’un demande toujours s’il est possible de voir les sévices infligés aux enfants dans un thème. Ma réponse est invariablement de dire que je ne crois pas qu’il soit possible de voir les abus au sens littéral. On peut reconnaître des schémas psychologiques hérités, difficiles et parfois violents, mais nous ne pouvons jamais être sûrs que la violence ou les abus sexuels se manifestent physiquement ou restent invisibles sous la forme d’un courant émotionnel sous-jacent qui bouillonne dans l’atmosphère inconsciente de l’environnement familial.

      L’abus peut prendre de nombreuses formes subtiles, y compris le type de coercition psychologique qui exige que l’enfant réponde aux attentes de ses parents, sous peine d’être isolé et privé d’amour. Et l’abus sexuel est en fin de compte le symbole d’une forme plus large de cruauté, liée à des questions de puissance et d’impuissance.

      On peut dire la même chose du viol : le violeur souffre invariablement d’un sentiment d’impuissance. Mais que la violence subie dans l’enfance ait été physique ou psychique, lorsque nous en apprenons davantage sur le passé de l’individu, nous constatons généralement que le thème du bouc émissaire est à l’œuvre dans la psyché familiale depuis plus d’une génération.

      Nous savons que les personnes qui ont été maltraitées dans leur enfance peuvent, en grandissant, maltraiter leurs propres enfants. Bien que tous les enfants maltraités ne deviennent pas des abuseurs, la plupart des abuseurs ont eux-mêmes été victimes d’abus.

      Notre détermination compréhensible à trouver un bouc émissaire pour notre indignation morale face à la maltraitance des enfants est rendue plus difficile par le fait que, dans de tels cas, l’histoire familiale du bouc émissaire, lorsque nous remontons dans le passé, s’étend d’une famille spécifique à un milieu collectif.

      Derrière l’individu se trouve la famille, et derrière la famille se trouve le collectif.

      Les répercussions s’inscrivent dans le tissu psychique des familles individuelles pendant plusieurs générations. Nous savons que la maison 12 peut souvent donner des indices sur ce type d’héritage ancestral, bien qu’elle ne puisse pas nous dire si le bouc émissaire ancestral a pris la forme d’un abus physique dans la famille proche.

      Bien que je ne puisse évidemment pas vous donner de statistiques sur le nombre de parents maltraitants appartenant à des familles qui ont été, à un moment donné, des boucs émissaires pour des raisons raciales, religieuses ou économiques, j’ai entendu suffisamment d’histoires au fil des ans pour être convaincu qu’aucun individu ne devient un maltraitant à part entière sans traîner derrière lui une longue histoire familiale et collective de bouc émissaire.

      L’héritage du père

      La maltraitance ne surgit pas spontanément d’une psyché familiale saine. Elle est le résultat d’une longue histoire de conflits et de blessures qui remontent au passé et qui impliquent généralement la désignation de boucs émissaires au niveau collectif à un moment donné de l’histoire familiale.

      Les abus sexuels dans l’enfance sont horribles et peuvent nécessiter de nombreuses années de travail thérapeutique pour guérir. Bien que cela ne signifie pas nécessairement que l’on deviendra un agresseur en grandissant, ou même que l’on attirera des abus réels de la part d’autres personnes plus tard dans la vie, le modèle du bouc émissaire, s’il est présent dans la psyché, est cristallisé par une telle expérience, et il y a généralement une tendance à devenir une victime à un niveau ou à un autre ou, au moins, à porter un sentiment de honte, de dommage et de rage.

      Dans le cas d’une forte personnalité, on peut finir par désigner des boucs émissaires.

      L’un ou l’autre des parents peut faire preuve de violence envers un enfant, et l’un ou l’autre peut également commettre des abus sexuels. Mais la majorité des cas d’abus sexuels sont liés au père, à un beau-père ou à un parent masculin.

      Il faut donc regarder quelles planètes peuvent se trouver dans la 4e maison ou en aspect fort avec le Soleil.

      Les pères qui abusent de leurs enfants ne sont pas seulement des individus qui se comportent de manière destructrice. Ils sont les porteurs d’un modèle de victimisation collective, et nous trouverons souvent Chiron, Neptune ou Pluton en maison 4 comme un reflet de ce schéma.

      Moins souvent, Uranus peut être impliqué.

      Le thème du père en tant que victime peut également être suggéré par le Soleil en maison 12, mais dans ce cas, nous trouverons généralement le Soleil en aspect difficile à Neptune, Chiron ou Pluton, et une ou plusieurs de ces planètes peuvent également se trouver en maison ou en conjonction avec le FC.

      Généralement, ces configurations de victimisation sont multiples dans le thème : par exemple : Neptune peut être en maison 4 en carré avec le Soleil en 12.

      Une planète en maison 4 ou 10 suggère que le parent concerné est porteur d’un principe archétypal, et ce principe sera généralement actif sur plusieurs générations.

      Il s’agit d’une sorte de daimon transmis par la lignée maternelle ou paternelle. Par essence, le daimon n’est pas pathologique. C’est un mythe ou un don familial qui peut s’exprimer de manière créative. Mais le temps et l’aveuglement humain finissent par déformer le daimon de sorte que son expression devient de plus en plus destructrice.

      Neptune peut aussi décrire le père comme un artiste ou un mystique. Mais même s’il est capable d’exprimer les qualités neptuniennes sous une forme créative positive, la victime souffrante n’est généralement pas loin.

      Chiron et Pluton sont liés au bouc exilé, et nous avons vu que ces planètes peuvent refléter une grande rage contre le collectif, car elles portent la projection collective des marginaux et même des hors-la-loi.

      Le rôle de Mars dans la maltraitance des enfants

      Bien que ces planètes puissent évoquer les thèmes du bouc émissaire, il faut plus que cela pour générer le type d’énergie violente nécessaire pour mettre en œuvre le modèle de l’abus au sein de la famille. Que la maltraitance soit physique ou psychologique, nous trouverons aussi généralement Mars identifié au père et donc lié au Soleil ou en maison 4 et souvent en combinaison avec Neptune, Chiron ou Pluton.

      Lorsque Mars apparaît comme image paternelle, le père peut être martial d’une manière ou d’une autre : il peut avoir le Soleil, la Lune ou l’ascendant en bélier, ou les luminaires en fort aspect à Mars, ou Mars peut être angulaire dans son thème.

      Dans le cours normal des choses, un père martial est énergique et peut-être dominateur. Mais lorsque Mars est lié à Chiron, Neptune ou Pluton, le père est dépeint comme ayant une profonde division dans sa nature.

      Cette division se transmet par la lignée paternelle et reflète un héritage collectif de frustration et de bouc émissaire. Je répète une fois de plus que la présence de « Mars Neptune » en maison 4 n’indique pas obligatoirement un parent physiquement violent. Mais cela indique qu’il est porteur d’un profond conflit intérieur dont les racines se trouvent dans le passé.

      Il est dépeint par deux images opposées, la victime neptunienne et le guerrier martial.

      Tout individu présentant une telle polarité a un gros problème, et peu d’hommes parviennent à concilier ce conflit, surtout lorsqu’ils sont jeunes. Les hommes qui sont porteurs de tels schémas les transmettent simplement à leurs fils et à leurs filles, et mettent en scène un thème archétypal qui trouve ses racines dans des siècles de désignation collective de boucs émissaires.

      L’abus sexuel, comme je l’ai dit, est un symbole ainsi qu’un acte physique violemment destructeur. Le père qui abuse sexuellement de son fils ou de sa fille est mû par un sentiment intérieur de rage, d’humiliation et d’impuissance qu’il exprime sur l’enfant sans défense qui est devenu un symbole et un rappel constant de sa propre impuissance.

      Les cas de maltraitance dans les familles sont d’une fréquence inquiétante, mais comme je l’ai dit, la maltraitance n’est pas toujours physique. Il peut être émotionnel ou intellectuel, et ce type d’abus, bien qu’extrêmement destructeur, ne laisse pas de cicatrices ni de souvenirs précis, car il est très subtil.

      Ce sont souvent les enfants les plus doués qui sont victimes d’abus d’une sorte ou d’une autre, car ce sont ces enfants qui, par inadvertance, inspirent l’envie, la rage et le désir à leurs parents. Nous aimerions tous trouver un coupable à blâmer, car les conséquences sont si terribles. Même si nous n’avons pas été victimes d’abus dans notre enfance, le fait d’entendre les expériences des autres réveille tous nos propres sentiments de victimisation. Il serait très facile de dire : « Ce père est un monstre », sans tenir compte du contexte. Mais les gens ne se comportent pas comme ça par hasard. Il y a toujours un héritage psychologique, et il est généralement décrit de manière assez précise par les planètes en maison 4 et les aspects planétaires du Soleil natal.

      L’héritage de la mère

      Lorsque le père est représenté avec un tel clivage, la mère est généralement représentée avec le même type de dichotomie. Lorsqu’un parent agit selon le schéma du bouc émissaire, l’autre parent sera pris dans ce schéma, et les schémas hérités des deux parents constituent l’une des principales raisons pour lesquelles ils se sont mis ensemble en premier lieu.

      Un père qui abuse de sa fille abuse souvent aussi de sa femme, ou bien la mère collabore inconsciemment avec le père qui abuse de son enfant en « fermant les yeux », évacuant ainsi sa propre rage inconsciente de bouc émissaire sur la fille envers laquelle elle éprouve de l’envie.

      Nous pourrions trouver des configurations telles que la Lune en conjonction à Mars et également carrée à Neptune, avec Chiron ou Pluton au MC.

      Parfois, la mère peut aussi être un agresseur, émotionnellement et parfois sexuellement, tout en étant une victime. La victime d’abus qui grandit pour devenir un agresseur exprime le même conflit interne violent que ses parents, et le modèle du bouc émissaire est transmis à la génération suivante.

      Ces schémas, qui impliquent des oppositions apparemment irréconciliables, sont hérités, et nous les partageons avec nos parents. Nous pouvons alors devenir le bouc émissaire de la famille, non seulement au sens de victime d’un parent abusif, mais aussi au sens rédempteur. Même si nous ne le réalisons pas, nous sommes le pharmakon, l’agent de guérison qui doit relever l’énorme défi de la guérison de ces fractures ancestrales par notre propre travail intérieur.

      Il est donc inévitable que les fractures soient mises en scène pendant un certain temps.

      Comment un enfant, ou même un adolescent, peut-il trouver un moyen de les réconcilier ? L’ego en développement n’est pas assez fort pour prendre en charge les deux parties. Au début de la vie, on sera victime de l’héritage ancestral. Un côté de la dichotomie sera reconnu, et l’autre côté sera supprimé, projeté, et vécu à l’extérieur. On peut aussi faire un va-et-vient entre les deux, en jouant d’abord l’un, puis l’autre.

      Dans les relations ultérieures :

      • nous pourrions jouer le rôle de Neptune tandis que notre partenaire jouera Mars, Chiron ou Saturne.
      • nous pourrions jouer le rôle de Mars pendant que notre partenaire joue Neptune, Chiron ou Pluton.

      Oppositions planétaires extrêmes

      Mars et Neptune sont des opposés archétypaux. Mars a de l’antipathie pour toute planète qui le contrarie, et Chiron, Saturne, Neptune et Pluton sont de grands perturbateurs. Tous les aspects difficiles n’impliquent pas des polarités aussi extrêmes. Certains sont beaucoup plus faciles à gérer.

      Saturne et Neptune sont une autre paire d’archétypes opposés. Toute combinaison "Saturne Neptune", même le trigone et le sextile, prend beaucoup de temps pour se développer de manière créative. Saturne défend son autonomie contre le chaos des eaux de Neptune en devenant hyper-critique et hyper-rationnel, et Neptune tente de se défendre contre la solitude et la séparation de Saturne en devenant impuissant et pathétique, et en sapant secrètement les structures de Saturne.

      Il est possible de réunir les deux principes, et la combinaison peut alors être immensément créative. Mais au début de la vie, c’est impossible. Lorsque le père est personnifié par des archétypes opposés tels que Mars et Neptune, il est probable que sa personnalité soit profondément divisée, oscillant entre la colère agressive et l’impuissance impuissante. Il est peu probable que le père ait intégré ces deux côtés de sa personnalité pendant l’enfance, s’il est représenté de cette manière dans le thème natal. Cela garantit que la scission se poursuit dans la génération suivante, attendant toujours d’être guérie.

      Comment Mars et Neptune peuvent-ils travailler ensemble de manière créative ?

      Une façon de le faire est de canaliser l’énergie martiale au service des faibles. Cet aspect a une sorte de qualité de Robin des Bois : la personne qui travaille de manière énergique pour protéger et prendre fait et cause pour les personnes ou les l’univers neptunien.

      Nous pouvons voir des formes modernes de cette figure archétypale dans des personnages fantastiques tels que Superman, Spiderman et Batman.

      Un autre domaine où les deux planètes peuvent travailler ensemble est celui des arts. « Mars Neptune » est souvent associé au théâtre et à la musique, car la puissante énergie passionnelle de Mars peut être traduite sous une forme qui touche l’âme collective. Mais «Mars Neptune» a besoin soit d’un exutoire imaginatif, soit d’une cause idéaliste. Si aucun des deux n’est fourni, les deux resteront désespérément opposés, et la personne s’identifiera soit à la victime, soit au persécuteur.

      La compulsion de répétition

      La victimisation crée une dépendance. Lorsque nous nous identifions à la victime, nous pouvons avoir continuellement besoin d’une dose, mais au lieu de drogues ou d’alcool, il s’agit d’une dose de souffrance et d’isolement.

      Nous pouvons être attirés de manière répétée par des partenaires violents, ou nous permettre d’être continuellement victimisés de manière subtile dans nos relations et dans notre vie professionnelle.

      S’il existe des situations autres, il se peut aussi que dans de nombreux domaines de notre vie, le complexe du bouc émissaire nous pousse à avancer aveuglément vers les situations qui sont précisément garanties pour nous faire sentir comme un bouc émissaire.

      Comme je l’ai dit, les astrologues tombent parfois dans ce schéma. Historiquement, le fait d’être astrologue n’a pas été collectivement acceptable pendant quelques siècles, et en tant que profession, nous avons eu tendance à devenir des boucs émissaires pour les autorités collectives.

      Il fut un temps où le persécuteur était l’Église. Aujourd’hui, c’est l’establishment scientifique. Tous les astrologues ne s’identifient pas à ce rôle historique de hors-la-loi et de bouc émissaire. Mais beaucoup le font et, dans la mesure où nous portons en nous un schéma personnel de bouc émissaire, nous aimons être le bouc émissaire de l’establishment.

      Cela nous donne un sentiment d’identité. Nous serions très malheureux si nous devenions respectables. Nous essayons de prouver notre légitimité à des gens qui ont toujours été et seront toujours incapables de reconnaître la valeur de ce que nous faisons.

      De la même manière, si nous sommes identifiés à l’archétype du bouc émissaire, nous choisirons des amis et des partenaires qui nous persécutent. Nous rejoignons des groupes où nous savons que nous serons mis au pilori. Nous recherchons activement le malheur si ce schéma domine notre vie intérieure. Il existe de nombreux domaines où nous créons réellement notre propre souffrance, car le persécuteur intérieur inconscient a besoin d’un crochet sur lequel il peut être projeté.

      Si nous sommes dans un schéma répétitif de bouc émissaire, il vaut toujours la peine de se demander :

      • Pourquoi me suis-je mis dans cette situation ?
      • Y a-t-il d’autres options ?

      Supplier d’être accepté par le persécuteur est l’une des dimensions les plus compulsives de ce schéma. Si seulement nous pouvions obtenir l’acceptation de la personne ou du groupe qui nous rejette, nous croyons que nous serions libérés de nos sentiments de honte et de péché. Mais cela ne fonctionne jamais. Cela ne peut pas marcher, car la seule façon de gagner l’amour du persécuteur est d’affronter celui qui est en nous.

      Si nous pouvons commencer à le faire, nous constaterons peut-être que nous ne rencontrons plus les persécuteurs extérieurs avec la même fréquence.

      Lorsque le schéma de la victimisation se répète, il est urgent de se pencher sur les problèmes intérieurs.

      C’est particulièrement le cas lorsque nous sommes enfermés dans des généralisations mentales sur d’autres personnes, comme la croyance que tous les hommes sont violents ou que toutes les femmes sont des victimes. On peut en effet avoir rencontré une série de partenaires violents, mais il peut y avoir un élément de choix inconscient, et l’on trouvera infailliblement des personnes qui confirment la croyance et renforcent le modèle.

      L’envol par l’esprit

      Des aspects comme « Soleil Chiron », « Soleil Saturne », « Lune Pluton » et « Lune Neptune » sont des significateurs parentaux pertinents pour le thème du bouc émissaire, de même que certaines planètes dans les maisons 10 et 4.

      Nous avons vu que Mars lié à ces significateurs parentaux peut parfois refléter le passage à l’acte de la violence ou des abus, physiques ou émotionnels, dans l’environnement familial. D’autres facteurs dans le thème natal peuvent exacerber de tels conflits familiaux en suggérant une prédisposition à y échapper complètement par une fuite de l’esprit.

      Jupiter ou Neptune en maison 9 ou en maison 12, ainsi que les contacts « Soleil Neptune » et « Soleil Jupiter » sont caractéristiques d’un désir ardent de « transcender » la souffrance et le conflit de l’héritage familial.

      Ces types de placements reflètent un véritable sentiment religieux, et cette dimension de la personnalité a besoin d’être exprimée. Mais souvent, le monde spirituel est utilisé comme une échappatoire prématurée à l’obscurité du schéma ancestral du bouc émissaire. C’est particulièrement le cas chez les personnes qui sont attirées par le monde ésotérique dans l’espoir de pouvoir, d’une manière ou d’une autre, échapper à la lourde tâche de lutter pour racheter le modèle du bouc émissaire au sein de la famille.

      L’un des grands dangers de ce genre d’échappatoire est de se retrouver à la merci d’un gourou ou d’une communauté spirituelle tyrannique.

      Partout où il y a un bouc émissaire intérieur, il y a aussi un persécuteur intérieur, même s’il y a eu une réelle persécution de l’extérieur. Si vous vous mettez au service des autres sans avoir conscience du schéma du bouc émissaire en vous, vous risquez de perpétuer ce schéma d’une manière différente.

      Si vous passez simplement du statut de victime de vos parents à celui de sauveur d’autres victimes, vous finirez par vous sentir victime des personnes que vous essayez d’aider, et vous finirez par être épuisé et exploité. C’est un problème assez courant dans les professions d’aide, mais c’est un problème qui ne disparaîtra pas sans une prise de conscience. Il est très important de découvrir où se situe sa colère, et envers qui.

      Beaucoup de choses sombres ont tendance à flotter à la place de la victime impuissante, en particulier la colère, la honte, la culpabilité et le désir de vengeance. De nombreuses personnes deviennent des aides, non pas parce qu’elles ont un sens réel de ce qu’elles font, mais parce que c’est une façon d’essayer de regagner un sentiment de valeur personnelle. Et cela ressemble aussi à ce que Freud appelait la « compulsion de répétition » : une récréation constante de la blessure initiale dans l’espoir que, d’une manière ou d’une autre, par magie, elle se résorbera d’elle-même.



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