La maturation du moi - la balance et le scorpion

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La relation mère fille : la relation d’altérité

Un enfant n’est pas destiné à appartenir à sa mère. Il est destiné à construire son « moi » différencié de celle qui l’a mis au monde. Ce « moi » sera testé à l’étape de la balance, lieu de domiciliation de Vénus et d’exaltation de Saturne, et consolidé en Scorpion, maîtrisé par Mars et Pluton, où il devra nettoyer, comprendre et accepter toutes les parts de lui-même. Mars étant le fidèle allié du soleil qui protège son soleil et Pluton qui lui préside à l'authenticité du « moi ».

La Balance : je teste mon pouvoir d’altérité

La vierge marque l’assomption de la différenciation initiée dans le signe du bélier. La balance, elle, inaugure la relation d’altérité, afin que le sujet tienne sa place face à l’autre, à la société, au groupe et face au monde.

Dans la cosmogonie d’Hésiode, « Aphrodite / Vénus » est née de la castration d’Ouranos par Saturne (séparation).

Vénus et Saturne y sont réunis sous le signe de la balance. La balance symbolise bien la notion d’altérité fondée sous la loi de saturne.

Tous les signes du second hémycide zodiacal sont autant de mises à l’épreuve afin d’approfondir toutes les différencia­tions. La balance fait figure de test.

Rappel des symboles mythologiques : Cronos règne sur un monde où la séparation est « devenue », mais ne peut penser maintenir son statut de différencié qu’en réprimant ou en tyrannisant, de peur de replonger à nouveau dans le monde du maternel archaïque (lune taureau).

Toute à ses rêves de prin­cesse, « Vénus en balance » ne peut imaginer que le mariage soit arrangé par les inconscients de chacun des partenaires.

Saturne, en exaltation en Balance, nous rappelle de toujours nous tenir prêts à affronter tout tyran qui nous refuserait notre souverai­neté. Mars et Pluton sont en exil dans le signe de la balance. Pour ga­rantir la relation, il faut maîtriser ses pulsions chthoniennes et tenir à distance son envahissante individualité.

Si mars est en exil dans la balance, c’est que dans un signe qui exige l’harmonie, Mars (le soi, l’individualité et le con­flit) n’a pas droit de cité. En balance, nous n’avons pas encore le droit à la différence d’opinions, qui plus est conflictuelles. Toute autre opinion contradictoire signifiant la mort de l’harmonie. Bien évidemment, ceci est archétypal. N’allez pas imaginer que les personnes du signe de la balance ne savent pas s’affirmer.

La parole dans un monde « Vénus / Taureau » ne fait pas coupure, elle ne permet pas d’exprimer sa différence. Le monde « Vénus taureau » s’entend à reproduire le monde « Vénus / poissons » (la fusion). En taureau, la lune est exaltée, alors qu’en Balance, c’est Saturne (verticalité, tenir sa place dans le monde) qui est exalté.

La balance est toujours constellée de la relation à la mère, car il s’agit de passer du mode relationnel lié à la mère (et la lune) à celui de Vénus (le désir de l’autre). Saturne exalté en Balance nous invite à faire le deuil de la relation fusionnelle à la mère pour être totalement soi face à l’autre.

« Avec Vénus en Taureau », nous ne sommes qu’un, avec Vénus en Balance, nous devons être deux.

La lune en balance archétypale

Une « mère lune en balance » va pousser son enfant à préserver l’harmonie avec les autres et tenir compte des autres. Ce qui est une bonne chose. Mais si « le saturne » et « le mars » de l’enfant sont « faibles », elle risque de le pousser aussi à se plier à la volonté des autres et à un monde où tout n’est que politesse et dénué de débordements et d’affirmations personnelles.

Si ces deux planètes sont puissantes, l’enfant, pour plaire à sa mère et être aimé peut les refouler dans un premier temps. Plus le refoulement sera fort et perdurera, plus l’explosion sera dévastatrice, avec ce que cela comportera en rancoeur contre la mère.

Mars est une des plus dangereuses des planètes quand elle est refoulée ou niée.

La lune en balance peut malgré elle, ne pas savoir gérer les velléités martiennes de son enfant : colère, tensions, affirmation de soi, etc. Mars, de manière archétypale n’a pas sa place en balance où tout doit être civilisé et où l’on se doit de plaire et de se conformer à ce que l’autre attend de nous. L’enfant pensera que sa valeur dépendra du regard que l’on porte sur lui et de sa capacité à ne pas faire de remous.

L’enfant peut aussi avoir bien du mal à supporter la solitude, ou d’être face à lui, car sa mère elle-même ne peut y arriver. Ce type de mère se précipitera aux moindres pleurs de l’enfant, car ils seront d’insupportables menaces à un monde idyllique où tout se passe merveilleusement bien. Or il est bon que l’enfant apprenne à se calmer seul, à faire face à tous ses affects et ses parties de lui-même.

Le scorpion : se regarder en face pour mieux accepter l’autre

Les parents qui élèvent leurs enfants dans un monde illusoirement parfait et harmonieux (balance) élèvent leurs enfants dans un monde mensonger au mépris de la réalité et de la vérité.

Pour un scorpion, la vérité est préférable au mensonge de l’harmo­nie, aussi pénible soit-elle. Le signe du scorpion évoque le fait de regarder la vérité en face. Pluton recouvre ce qui est occulté et que nous ne voulons pas voir. Pluton repré­sente l’ombre jungienne. Ce que nous ne pouvons pas ou ne nous ne voulons pas avouer parcequ’elle représente quelque chose de mé­prisable. Elle représente l’exacte contrepartie de la représenta­tion que nous avons de nous-mêmes et que nous offrons aux autres.

Mais où est le mensonge quand il obéit à une simple logique de survie. Où est la dissimulation quand elle témoigne d’une vérité qui engendrera des représailles certaines ?

Rappel de mythologie Perséphone : quand Déméter demande à Perséphone si elle a mangé quelques nourritures d’Hadès ? Elle lui répond que le roi des enfers l’a forcée, alors même qu’elle a cueilli elle-même les grenades. Elle savait que Déméter, sa mère ne pourrait se résoudre à cette vérité. Déméter y aurait vu une trahison. Le mensonge de Perséphone est de nature protectionniste. Garder l’amour de sa mère. Ce mensonge-là est différen­ciateur, loin des injonctions maternelles. Ce mensonge permet à Perséphone de ne pas céder aux exigences de transparen­ce maternelle.

L’acquisition du mensonge est concomitante avec celle du langage et du développement de la conscience. On se permet de mentir, car l’on a compris que l’autre n’était pas dans nos pensées (début de différencia­tion lié aux gémeaux).

Certaines personnes « Scorpion » n’ont pas leur pareil pour s’enfermer dans le silence, quand d’autres traquent toute dissimula­tion. Leur façon martienne de crever les abcès ne manque pas de trahir leur fascination pour les champs de bataille. Ils dénoncent et écrasent tout ce qui à leurs yeux leur paraît faux et mensonger. Cette exigence de transparence avoisine la tyrannie et l’intrusion psychique. Opposé au Taureau, le scorpion met à mal le mensonge d’une vie qui s’écoulerait comme une vie tranquille, dont on n’aurait pas à pénétrer la profondeur des eaux.

La lune et Vénus sont mises à mal dans ce signe qui conçoit l’existence comme un champ de confrontations et de transformations incessantes. Ni la lune ni Vénus n’aiment les perturbations et les bouleversements. Pluton met à mal ce fantasme de toute-puissance sur la vie.

Le 8e signe nous impose de travailler tout ce qui n’a pas encore été assumé dans l’ordre de l’altérité. Il met le doigt là où la différence est éprouvée dans les termes d’une opposition destructrice et qui empêche la rencontre.

Dans le monde de Déméter, la mort et les changements sont des menaces. L’homme est considéré comme une menace à éviter. Diabolisé dans l’esprit de Déméter et de celui de sa fille, il va surgir des entrailles de la Terre. Dans le monde de Déméter, le masculin et le féminin sont antinomiques. Pluton met en lumière ce qui n’a pas encore été tranché en Balance.

La perte de l’innocence

La perte de l’innocence et de ses illusions est nécessaire à l’individuation. Certaines personnes tendent à se préser­ver en entretenant l’illusion que tout va bien. Le monde est rempli de « Coré » (fille de Déméter) qui ont des paillettes dans les yeux et tombent dans les griffes de Barbe bleue, alors même qu’elles croient voir le prince charmant.

La descente aux enfers est alors le prix à payer pour sortir de l’enfance et devenir femme. Pluton règne sur tous les moments de mutation, à commencer par la naissance (sortir des eaux neptu­niennes pour accoster sur les rivages d’un monde étranger à celui que l’on connaissait).

Dans le mythe de Perséphone, c’est le masculin (ou l’animus, la conscience) qui est considéré comme une terre étrangère. Coré a 12 ans quand Hadès fait trembler la terre sous ses pieds.

Adolescence ??’ changements, émotions violentes, flirt avec le danger.

Face aux tentations sécuritaires, Pluton nous rappelle qu’il n’est jamais loin. C’est d’ailleurs lui, dans le renversement de Cronos qui, invisible, lui a volé ses armes.

Si l’on calque l’histoire de Perséphone à la nôtre, il faut bien admettre que le véritable renouvellement passe parfois par une véri­table descente aux enfers. Les conduites à risque des adolescents, pour inquiétantes qu’elles puissent être, relèvent de ce processus. On remarque le même processus avec les femmes naïves qui rencon­trent sans cesse des hommes de type Hadès.

Tandis que le système vénusien archétypal s’organise autour de l’obligation d’harmonie, le scorpion archétypal, lui déclenche le conflit qui couve. Chez le scorpion, l’emprise du phœnix peut se traduire par une sorte de fascination du bûcher.

crises, ruptures, revirements : tout est bon pour accoucher de soi

Dans la cosmogonie d’Hésiode, Déméter dernière place l’enfant dont elle a la garde dans l’âtre. La mère « exclusivement bonne » qui se sent épuisée (Mars est mis de côté), exaspérée des exigences de ses enfants, com­mence à se consteller d’une certaine colère et rêve de les pousser au feu afin que la dépendance les consume.

L’infan­tilisme de ses enfants l’emprisonne. Certaines mères sont coincées entre ces deux attitudes : pousser dans l’âtre (scorpion) et Bercer (taureau). Elles n’arrivent pas à prendre l’initiative de la coupure. Elles attendent de l’enfant ce qu’elle n’arrive pas à faire elles-mêmes.

Déméter pense « Coré » comme elle la nomme : éternellement jeune. Mais c’est Perséphone qui franchit le voile des apparences. Fille de la vie, elle épouse le souverain de la mort. Avec Perséphone, la vie n’est plus seulement identifiée à ce qui est visible. L’éternité n’est plus cherchée dans la constance de la forme et la beauté des corps. Aphrodite (Vénus) elle-même demandera à Psyché de s’enquérir du parfum de beauté de Perséphone : la beauté de la mutation et celle du mariage des opposés.

Lorsque l’on accède à l’étape Scorpion, l’énergie du Taureau y est vécue différemment. On sort de la quête de la toute-puissance liée à la jouissance éternelle pour être dans la joie de la célébration. Le fait d’éprouver de la grati­tude pour ce qui nous est offert nous permet de sortir de la pensée de ce qui est dû et de l’exigence infantile de la satisfaction assouvie en continu.

L’ombre du taureau relève de l’aspect dévorateur (l’objet dévorant et l’objet dévoré). C’est le rôle du scorpion que d’y mettre fin.

La mère lune Pluton

La mère « lune Pluton » revêt les habits d’Hadès peu sécurisants pour un nouveau-né. Dès son plus jeune âge, l’enfant est confronté à la notion de peur de la mort, d’épreuves, de bouleversements et de dangers. N’entendez pas que la mère soit obligatoirement une menace volontaire pour son enfant. Elle peut incarner l’énergie du scorpion à l’opposé du monde rassurant du taureau dont un tout petit a besoin. Ou encore, au moment de la naissance avoir vécu des épreuves plutoniennes.

Par ailleurs, les mères de type « Lune Pluton » sont douées pour toucher au plus intime et accueillir ce qui est obscur en soi et autour de soi. Elles sont souvent des accoucheuses d’âme. Elles sont magnétiques, intenses, charismatiques et résilientes. Elles font face à la noirceur du monde ou sombrent dedans (voir le thème).

En effet, on ne peut pas rester debout face à la peur et à la détresse de l’autre et là où l’on cherche à prendre de la distance pour se préserver soi-même. On ne peut pas rester présent quand on cherche à éviter la souffrance d’autrui.

Ce sont aussi des mères qui savent parfaitement que leurs enfants ne leur appartiennent pas et qui dès le départ incarnent la différenciation. Ce qui peut être problématique pour un nouveau-né qui lui a besoin d’être sa mère et que sa mère soit lui. Il peut ressentir cette forme de différenciation comme un rejet.

Certaines mères dont « le pluton » est mal intégré et qui ont peur d’être elles-mêmes peuvent refouler leur Pluton et s’identifier à la lune / Vénus de type taureau (axe opposé) : elles deviennent dévorantes, tout en souffrant de leur inaptitude à incarner leur pluton. Elles peuvent aussi s’efforcer d’être de bonnes mères tout en fantasmant de se débarrasser de leurs marmailles qui les étouffent.

Dans ce mythe, il n’y a rapt que dans la mesure où la fille est dans l’incapacité à s’arracher de sa mère (lune taureau) par elle-même. Bien évidemment nous sommes toujours dans l’explication archétypale des axes opposés. Une mère « lune Pluton » peut « s’arracher » elle-même à son enfant trop tôt. Ne confondez pas cela avec un manque d’amour. Simplement, cette mère ne s’identifie pas à son nouveau-né. Elle est séparée dès le départ et l’enfant le ressent.

Le rapt de Coré, bien plus qu’une histoire de sexe évoque la mutation de Coré en Perséphone. Hadès est la figure de toute ombre et de ce qui est dénié, occulté, caché. Il personnifie l’exacte contrepartie de ce à quoi nous nous identifions et nous terrifie. La mère « lune Pluton » ravit l’enfant souvent trop tôt.

Dans les contes de fées, les monstres se transforment en princes et princesses au fur et à mesure que notre regard se transforme.

Une mère « lune Pluton », peut malgré elle, pousser l’enfant à la transformation trop tôt et le ravir au monde édénique du Taureau qui prolonge celui des poissons bien trop prématurément.

Coré, fille d’une mère qui l’a toujours fait vivre dans son giron édénique, n’a pas la moindre représentation du différencié. Elle se voit comme sa mère la voit : parfaite. Hadès apparaît donc sous sa forme infernale : l’ombre et le monstre.

Une mère « lune Pluton » ne regarde pas son enfant comme la 7e merveille du monde, mais de manière lucide (en ombres et lumière). Or un enfant a besoin de ressentir qu’il est la 7e lumière du monde de sa mère.

Conclusion

Pour une relation saine et altière entre mère et enfant, qui introduira plus tard la relation entre adultes, il est nécessaire que toutes les étapes du bélier au scorpion se passent bien. Lorsqu’une des étapes ne se déroule pas bien, on parle alors de fixation. Fixation au stade oral, fixation au stade œdipien, etc.

Le signe du scorpion (maison 8 et Pluton) est l’occasion qui nous est offerte de travailler sur nous en profondeur sur ce qui a été « loupé ». C’est évidemment inconfortable, car les bulles issues de l’inconscient remontent à la surface et viennent perturber notre champ conscientiel. Mais ils sont autant de messages nous informant sur ce qui est nécessaire de revoir afin de conduire nos relations avec altérité.

Celle qui en premier lieu, nous y aide, c’est la mère ou le substitut maternel. En fonction du signe dans lequel se trouve la lune, nous serons sensibles à telle ou telle particularité de la relation à la mère, en même temps que ce signe révèle nos attentes envers elle. Mais pour réellement comprendre une relation mère enfant, il faut bien évidemment étudier les deux thèmes. En aucun cas, la lune dans un thème ne parle de la structure psychique réelle de la mère. Preuve en est, les thèmes des mères et sœurs qui pour la plupart, n’ont absolument pas les mêmes configurations lunaires.

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